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III. La vision de Pierre

Là encore, la vision va comporter une dimension spirituelle (v. 9-16) et une dimension pratique (v. 17-23). La vision de Pierre n’est pas « contemporaine » de celle de Corneille, comme celle de Paul le fut de celle d’Ananie : la raison en est simple, Luc, du fait de la distance entre Césarée et Joppé, et du temps que requiert le voyage, a du temps pour développer son histoire… La vision de Pierre va donc précéder tout juste l’arrivée des messagers de Corneille, donnant à cette arrivée un tour plus dramatique, une sorte d’urgence.

Il est midi, et la vision est à nouveau une vision de plein jour. Pierre sent la faim venir, mais ce qui vient sur lui, à l’improviste, c’est en fait une extase. Dès lors, « il voit le ciel ouvert » : l’expression rappelle l’épisode d’Étienne (7,56). Elle est une manière de dire que Dieu intervient personnellement dans le monde : d’ailleurs, aucun ange n’est ici présent, mais seulement une voix, comme dans l’épisode de la « conversion » de Paul.

La voix commande à Pierre de manger ce qui se trouve dans un vase. L’impureté est double :

Pierre refuse donc d’obéir à l’ordre qui lui est donné, sur ces deux plans, « le souillé et l’impur ». Il faut comprendre que s’anticipe ici l’interprétation de l’événement : Pierre ne devra pas seulement considérer que les païens ne sont pas impurs de soi, il devra aussi admettre de frayer avec eux (cf. v. 28). Mais cette admission ne va pas de soi : il lui faut le commandement de Dieu, et Luc symbolise cette exigence par le procédé classique du triple appel (v. 16). Remarquons qu’en définitive Pierre n’aura pas mangé de ce qui lui a été présenté, manière de souligner sans doute la dimension symbolique de l’événement.

Les versets 17-33 qui suivent préparent le grand discours de Pierre : on remarquera qu’il n’est aucunement question du sens du déplacement de Pierre. Pas plus d’ailleurs qu’il n’en a été question jusqu’ici. Corneille ne savait qu’une chose, c’est que « ses prières avaient été exaucées », sans savoir quelles prières ; les envoyés de Corneille ne savent qu’une chose, c’est qu’ils doivent faire venir Pierre, et celui-ci ne sait qu’une chose, qu’il doit aller chez Corneille. Cette « ignorance » peut s’expliquer de deux manières :

Version 1.0 - septembre 1999
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