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Sr Marie-Ancilla, Existe-t-il un charisme de prédication
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C'est un document original, qui pose une question tout à fait nouvelle. La prédication est-elle un charisme ? Concerne-t-elle tous les membres de l'Ordre ? Mais qui fait partie de l'Ordre des Prêcheurs ? L'Ordre des PrêcheursAppartiennent à l'Ordre des Prêcheurs, ceux qui ont un lien législatif avec l'Ordre et pas simplement un lien de communion. Ce qui signifie que les membres de l'Ordre ont des constitutions promulguées par l'Ordre et sont reliés au Maître de l'Ordre par leur profession (LCO 17 §2). Ce sont les frères, clercs et coopérateurs, les moniales et les membres des Tiers-Ordres (laïc et sacerdotal). Les femmes de l'Ordre, ce sont donc les moniales et les laïques dominicaines. On peut s'imaginer à quel point une moniale peut être déconcertée par le contenu du rapport, censé la concerner... Il semblerait donc que le rapport concerne non pas les femmes de l'Ordre, c'est-à-dire essentiellement les moniales, mais les femmes de la famille dominicaine : les surs apostoliques. Cette petite précision est nécessaire pour ne pas fausser la perspective de l'Ordre. La confusion qui émane du texte souligne qu'un élément n'a pas été pris en compte dans la réflexion : l'élément historique et le lien juridique. La réflexion théologique ne s'appuie pas sur les constitutions de l'Ordre : celles des frères, des moniales et des Tiers-Ordres. Ces textes, en effet, ne sont pas purement juridiques, mais ils ont aussi une dimension historique, théologique et spirituelle. Toute réflexion doit partir de là. On comprend donc qu'une moniale regarde le texte sur la toile de fond du LCM (Livre des constitutions des moniales de l'Ordre des Prêcheurs). C'est ce que se propose ma réflexion. Mais une question préalable s'impose : la prédication, dans l'Ordre, est-elle réellement un charisme ? La prédication, un charisme ?Pourquoi tout à coup parler du charisme de prédication ? Pourquoi cette nouveauté ? Et quelles modifications amène-t-elle dans la vision de notre vie dominicaine ? Il y a une inflation charismatique aujourd'hui dans l'Église. Tout le monde cherche à définir son charisme. On veut partager son charisme, etc. Est-ce que l'Ordre n'est pas en train de se laisser contaminer par cela ? D'après la constitution fondamentale du LCO, la prédication relève d'un ministère sacerdotal, lié à la charge prophétique de l'évêque : En notre qualité de coopérateurs de l'ordre des évêques, de par l'ordination sacerdotale, nous avons pour office propre la charge prophétique dont la mission est d'annoncer partout l'Évangile de Jésus-Christ par la parole et par l'exemple, en tenant compte de la situation des hommes, des temps et des lieux, et dont le but est de faire naître la foi, ou de lui permettre de pénétrer plus profondément la vie des hommes en vue de l'édification du Corps du Christ, que les sacrements de la foi amènent à sa perfection (LCO V)1. Le P. Vicaire commente : Dans sa rédaction primitive, ce paragraphe faisait immédiatement suite au paragraphe 3, dont il développait les derniers mots. Il explicite en effet le ministère auquel notre engagement dans l'Ordre nous « députe totalement ». Le ministère d'évangélisation est une participation à la mission apostolique confiée aux évêques, dont il nous constitue les coopérateurs. Il est une participation à l'office prophétique du Christ, participation qui, selon Vatican II, se rencontre à des titres distincts dans la hiérarchie sacrée et dans le peuple des chrétiens [LG 12 ; AA 2]. Cet office prophétique, par la parole et par l'exemple, s'étend à l'uvre de diffusion et d'enracinement personnel ou collectif de la foi dans toute son extension et trouve son achèvement dans la distribution des sacrements de la foi. On remarquera que la bulle déjà souvent citée du 4 février 1221 notifie aux évêques que l'Ordre leur adresse, en même temps que des prédicateurs, « des prêtres pleins de discernement et de prudence », capables de confesser et diriger les pénitents pour leur plus grand profit spirituel. La majorité du Chapitre de Chicago, cependant, désireuse de signaler déjà ici la place du sacerdoce chez les Prêcheurs, a décidé d'insérer dans ses premiers mots la mention de l'ordination sacerdotale. Il semble qu'en substituant à l'expression antérieure : « (coopérateurs) du corps des évêques », l'expression : « (coopérateurs) de l'ordre épiscopal », cette majorité ait voulu mentionner le suprême degré du sacrement de l'Ordre. L'ordination sacerdotale fait du Prêcheur, dans cette ligne, le coopérateur de l'évêque ; on peut donc lui appliquer un texte que le concile du Vatican avait rédigé pour les prêtres séculiers et pour les religieux congréganistes qui, ne possédant pas dans la définition de leur société religieuse une référence à la prédication, ne peuvent lui être députés que par l'ordination sacerdotale [CD 34 ; PO 2, 4, 8]. [...] La prédication, c'est-à-dire l'office prophétique, est le ministère du Prêcheur comme tel. Il est certain d'autre part qu'au temps de saint Dominique ce n'était pas au prêtre séculier qu'on assimilait le Prêcheur, mais à l'évêque, chargé de la « doctrine », c'est-à-dire de l'enseignement de la foi. Car l' « ordre des prédicateurs » est « l'ordre des docteurs », c'est-à-dire des évêques. En recevant de l'Église son office de prédicateur de la foi, le Prêcheur reçoit donc une part de l'héritage apostolique des évêques. Ce n'est qu'une part, évidemment, la part doctrinale. D'un autre côté, la raison pour laquelle il peut la recevoir, ainsi que le signale les bulles du pape Honorius, est la vie régulière dans la pauvreté que le Prêcheur embrasse et professe2. La prédication n'est donc pas un charisme. Au sens plénier du terme, c'est un officium lié au ministère ordonné et en particulier au ministère de l'évêque. Le concile local d'Avignon qui a joué un rôle important dans la fondation de l'Ordre entendait partager l'officium praedicationis de l'évêque avec des équipes spécialisées de prédicateurs qui étaient tous évidemment des prêtres. Pour les frères coopérateurs, leur participation à l'évangélisation est liée au sacerdoce commun des fidèles : La mission de l'Ordre et la forme de sa communion fraternelle déterminent la figure de sa société religieuse. Puisque le service de la parole et des sacrements de la foi est un office sacerdotal, l'Ordre est une religion de type clérical, dont les frères coopérateurs, qui exercent d'une manière spéciale le sacerdoce commun, partagent eux aussi la mission de multiples façons. D'autre part, la profession solennelle qui lie en tout et pour toujours chaque prêcheur à la vie et à la mission du Christ, manifeste qu'il est totalement député à la proclamation de l'Évangile par la parole et par l'exemple (LCO VI). Mission et communion sont indissociables : là est le charisme propre à l'Ordre, le don fait à l'Église pour le bien de l'Église, si l'on veut employer une expression à la mode. En langage traditionnel, on parle de vita apostolica. Chaque pôle est en connexion si étroite avec l'autre qu'ils influent mutuellement l'un sur l'autre. Mais la prédication est un ministère et non un charisme. Si l'on veut parler d'un charisme de l'Ordre, c'est celui de la vita apostolica : il comporte tous les éléments de notre vie qui ne peuvent être dissociés les uns des autres et rejaillissent les uns sur les autres. Leur ensemble est rassemblé en quelque sorte dans notre profession. On ne peut séparer la mission de notre vie régulière avec ses composantes qui viennent essentiellement de la Règle de saint Augustin et qui sont englobées dans une quête de l'unanimité. Si l'on veut examiner la question au niveau de la famille dominicaine, la mission des surs apostoliques et des laïcs dominicains, se rattache à celle des frères coopérateurs : elle est liée au sacerdoce commun des fidèles, mais d'une façon spéciale. En effet, l'officium praedicationis au sens large et extra-liturgique peut-être évidemment confié à des laïcs - hommes ou femmes -, c'est le cas de la catéchèse des adultes ou des enfants, mais toujours sous la responsabilité ultime de l'évêque. De même dans le cadre de missions paroissiales" peuvent intervenir différents ministères laïcs. La prédication pour les moniales ?Les moniales font partie intégrante de l'Ordre. Si un charisme de la prédication définissait la vie dominicaine, il faudrait qu'il soit présent dans le LCM sous peine de mettre en cause l'appartenance des moniales à l'Ordre. Un regard sur l'index analytique conduit à une première surprise. Il y a un seul emploi de charisme dans le LCM : en 20 § 2. Il est question des dons divers des surs dont la prieure doit tenir compte. Faire de la prédication un charisme indépendant qui spécifierait la vie dominicaine et sur lequel on pourrait réfléchir comme s'il constituait un en soi, déstabilise l'équilibre de la vie dominicaine, spécialement pour les moniales. C'est les exclure de l'Ordre, car chaque fois qu'il y a la mention de la prédication dans le LCO, le texte a été modifié dans le LCM. On ne trouve d'ailleurs pas le mot « prédication » dans l'index analytique, ce qui est significatif. Quelques exemples des adaptations faite dans le LCM (en gras ce qui est propre aux moniales) : 2. 2. L'unanimité de notre vie, enracinée dans la charité de Dieu, doit montrer l'exemple de la réconciliation universelle dans le Christ (2 Co 5, 18) que nos frères annoncent en outre par la parole. 3. 2. En consensus par l'obéissance, liées par un amour supérieur grâce à la discipline de la chasteté, plus étroitement dépendantes les unes des autres par la pauvreté, les surs construisent d'abord dans leur propre monastère l'Église de Dieu que, par l'offrande d'elles-mêmes, elles font croître dans le monde (1 Co 14, 4). 19. 1. Parmi les conseils évangéliques, le vu d'obéissance tient une place éminente, [obéissance] par laquelle la personne elle-même se voue totalement à Dieu et [par laquelle] ses actes sont plus proches de la fin de la profession qui est la perfection de la charité ; par elle, les moniales coopèrent à l'uvre de la Rédemption, selon leur mode propre, à l'exemple de la Servante du Seigneur qui « par son obéissance est devenue cause du salut pour elle-même et pour le genre humain tout entier ». 28. 1. Dans l'écoute de ce que dit le Seigneur : « Va, vends tout ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, puis viens, suis-moi » (Mt 19, 21), nous avons décidé d'être pauvres en fait (Lc 6, 20) et en esprit (Mt 5, 3), pour que coopérant à notre manière au ministère des frères qui travaillent à arracher les hommes à la domination des richesses et à les tourner vers les biens d'en-haut (Col 3, 1), nous soyons nous-mêmes victorieuses de la cupidité par notre conformité au Christ « qui s'est fait pauvre pour nous afin de nous enrichir par sa pauvreté » (2 Co 8, 9). Les frères annoncent la réconciliation universelle du Christ par la parole : ils exercent un ministère. Les moniales ont un rôle différent qui est avant tout de l'ordre de la vie intérieure. La constitution fondamentale des moniales aussi est différente de celle des frères pour la même raison. Elle dit explicitement comment les moniales se situent par rapport à la bulle obtenue par saint Dominique qui définit la mission des frères : « Vous annoncez aux infidèles le nom de Notre-Seigneur Jésus Christ et aux fidèles l'aliment de la Parole de Dieu » : 1. 2. Aux frères, aux surs et aux laïcs de l'Ordre « d'évangéliser par le monde le Nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ », aux moniales, de Le chercher, de penser à Lui, de L'invoquer dans le secret, afin que la Parole qui sort de la bouche de Dieu ne lui revienne pas sans fruit, mais accomplisse en plénitude ce pour quoi Il l'a envoyée (cf. Is 55, 10). Si la constitution fondamentale du LCO n'a pas été reprise dans le LCM, c'est parce que pour une très large part elle concerne ce qui est propre aux frères : être collaborateurs des évêques par une prédication qui est liée au sacerdoce. Il y a des femmes docteurs de l'Eglise, mais docteur est pris alors dans un autre sens : leur enseignement est reconnu après leur mort, comme pouvant être une lumière pour les chrétiens ; il est sûr, et peut servir de référence. Mais ce n'est pas parce qu'elles ont partagé la charge d'enseignement des évêques ! LCM 35 § 2 mentionne les éléments fondamentaux de l'observance régulière des moniales. Ils sont les mêmes qu'en LCO 40. Un seul a été supprimé volontairement : le ministère apostolique. LCM 96 § 1 explicite : « Totalement députés à l'évangélisation de la Parole de Dieu », les frères de l'Ordre accomplissent leur vocation spécialement par la prédication. De leur côté les moniales, spécialement députées par Dieu à la prière, ne sont pas privées de tout service de la parole. En écoutant, célébrant et gardant la Parole de Dieu, cf. Lc 2, 11-28, elles annoncent par l'exemple même de leur vie l'Évangile de Dieu. Ce texte est capital pour dire le mode propre que prend chez les moniales le service de la parole : il est clair qu'il n'est pas une prédication. Frères et moniales ont en commun le souci du salut des hommes. Mais tandis que les frères collaborent avec les évêques qui sont des docteurs (au moyen âge il y avait équivalence entre les deux termes), les moniales se tiennent à la source, dans le silence d'où naît la parole. Comme disait le P. Vicaire, les moniales ne participent pas à la moisson, mais aux semailles. Frères et moniales annoncent tous cependant la Parole par la vie de leur communauté, selon l'idéal de la règle de saint Augustin. Les surs apostoliques auraient à s'interroger, dans le cadre d'une réflexion sur la prédication, sur leur vie régulière et leur gouvernement par rapport à celui de l'Ordre. Rapport des théologiens de l'Ordre sur le charisme de la prédicationIl semble que le rapport est marqué par le désir des surs apostoliques - qui n'appartiennent pas à l'Ordre - d'avoir un ministère analogue à celui des frères. Il ne faudrait pas oublier que ce n'est pas la vocation des moniales et des laïcs, qui font pourtant partie, eux, de l'Ordre au sens strict. Le texte proposé sent le féminisme nord-américain. Il est fait par des surs apostoliques qui ne font pas partie de l'Ordre et du coup on pose une question qui n'est pas traditionnelle dans l'Ordre. L'aspect de l'importance de la communauté passe pratiquement inaperçu, et pourtant c'est là que les congrégations ont une grosse différence avec l'Ordre. Le témoignage de vie donné par la communauté sous-tend le ministère de la Parole : l'évangélisation dominicaine se fait sur le fondement de la pauvreté et de la vie régulière. Quelle place les surs apostoliques donnent-elles à des couvents ? à un gouvernement collégial ? à la vie régulière ? La vie régulière fait partie de l'annonce de la Parole. Que fait-on de la Règle de saint Augustin ? Le nombre des surs apostoliques risque d'apporter une modification à l'Ordre par leurs questions propres. Il manque à ce texte un enracinement historique. Il aurait fallu qu'un historien fasse partie de la commission pour donner à la réflexion théologique un ancrage dans la réalité de l'Ordre. ExpérienceJe termine par une réflexion personnelle, à partir de mon expérience de moniale. Je n'ai jamais l'impression de prêcher, même si j'ai l'occasion de parler : conférences, cours, émissions de radio. Ma parole n'est qu'un écho de ce que je perçois dans le silence. C'est très différent de la parole des frères qui ont un rôle direct au niveau de l'annonce de la foi. Les frères remplissent un ministère, alors que la parole d'une moniale est gratuite. C'est la source qui importe pour elle ; ce qui affleure à l'extérieur dépend des circonstances, non de sa vocation. Les moniales ont une certaine façon de vivre l'étude, la théologie, la lecture de la Parole, la liturgie, les relations avec l'extérieur. Pour les moniales, la fin n'est pas apostolique dans le même sens que pour les frères : il n'y a pas à faire face à l'urgence d'un apostolat. C'est la dimension de gratuité qui est première. Une moniale peut prendre le temps de laisser mûrir une expérience qui est la source de tout le reste. L'approche du mystère de Dieu est gratuite. L'intuition de la foi a une part prépondérante, et la dimension intellectuelle de l'étude est seconde. Les moniales n'ont pas à travailler dans le but de répondre à des questions théologiques d'actualité, comme l'exige le ministère des frères. Les diplômes ne sont pas indispensables. Les moniales peuvent étudier autrement. Et c'est perçu à l'extérieur. Je m'en suis rendue compte à propos d'une émission de radio. Un frère avec qui j'avais fait une émission a eu l'avis d'un ami qui écoute beaucoup la radio et lui donne son point de vue. À propos de ce que j'avais dit, il a trouvé que ce n'était pas comme les autres émissions : il a entendu que la parole venait de l'abondance du cur et non pas de connaissances apprises ! La parole d'une moniale doit venir du cur et non des livres. Les frères donnent quelquefois l'impression de transmettre le fruit d'une compilation de livres. Leur ministère très lourd en est certainement la cause. N'y aurait-il pas une complémentarité à faire jouer ? Les frères ont du mal à comprendre qu'on puisse étudier autrement. Pourtant les laïcs, eux, le sentent très vite. On cherche aujourd'hui la transmission d'une expérience : le chemin de la réception subjective de l'objectivité du Mystère. Un exemple me paraît significatif : c'est celui d'une sur de Nay, sur Marie Réginald. Elle n'avait aucune culture théologique - ni aucune culture tout court - et vivait surtout de dévotions. Et pourtant, sa mission a été grande dans l'Ordre. Un jour, dans l'orphelinat où elle avait été mise à la mort de ses parents, elle entend une voix intérieure qui lui demande de prier pour un jeune garçon qui voulait devenir prêtre. Ce qu'elle fait de tout son cur et elle décide de rentrer au monastère pour prier pour les enfants et les prêtres. Intérieurement elle est avertie par sa voix intérieure de l'évolution de ce jeune et elle note consciencieusement sur son cahier les dates importantes, en particulier le jour de l'ordination. Mais elle ne savait toujours pas qui il était. Or un jour, le P. Perrin vient à Nay avec des membres de Caritas Christi, et il va voir les surs. Quand il entre au parloir, sur Marie-Réginald entend une voix : « C'est lui ». Elle le rencontre au parloir ; ils confrontent les dates : c'était bien lui. Les membres de Caritas Christi la considèrent maintenant comme la cofondatrice de leur institut séculier. La mission de sur Marie-Réginald illustre de façon visible, la mission des moniales qui est habituellement cachée, même si parfois un signe visible permet de lever un peu le voile. ConclusionLes constitutions des moniales posent une question : le charisme de la prédication n'est pas leur affaire et pourtant ce sont des femmes membres de l'Ordre. Faut-il refaire leurs constitutions pour s'adapter au goût du jour ? ou bien faut-il enraciner l'approche de la prédication dominicaine dans notre tradition pour garder la cohérence de l'Ordre ? Soeur Marie-Ancilla, op 1 On retrouve la même perspective dans la préface pour les saints et saintes bienheureux et bienheureuses de l'Ordre des Prêcheurs : « [...] Ceux que toi, notre Père, tu as appelés en ton Fils et sanctifiés dans ta vérité, saint N les a instruits de ta parole et les a aidés, avec un zèle ardent, à parvenir au salut ; il a obtenu de les imprégner par la grâce des sacrements de la foi, et s'est efforcé dans son amour apostolique, de les conduire vers l'unité » (Missel dominicain des fidèles, p. 151). On peut se demander comment cette préface peut être proposée pour des moniales ? L'enseignement des fidèles et les sacrements de la foi ne semblent pas être ce qui est la marque de leur sainteté ! ! ! ! Mais cela prouve à quel point c'est la spécificité du ministère des frères. 2 « La constitution fondamentale des Frères Prêcheurs. Commentaire par le fr. M.-H. Vicaire O. P. », La vie dominicaine de Fribourg, juillet-août 1973, n° 4, p. 300-302. version 2 - 21-02-2005 © Copyrights DOMUNI 2004 - tous droits réservés biblio.domuni.org |