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Recension par Sr MARIE-ANCILLA, moniale dominicaine Simone PACOT |
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Recension - Réponse de l'Auteur - Fiche détaillée Recension de Soeur Marie Ancilla, op
L'auteur donc cinq lois de vie qui jalonnent le trajet de l'évangélisation des profondeurs : le choix de vivre, l'acceptation de la condition humaine, le déploiement de l'identité spécifique de chaque personne en Dieu et en juste relation avec l'autre, la recherche de l'unité de la personne habitée par le Dieu vivant, et enfin l'entrée dans la fécondité et le don. Chaque loi de vie est présentée avec une ou plusieurs citations bibliques en tête : c'est dans l'Écriture qu'on peut les découvrir. Tout naturellement le livre comporte cinq chapitres : chacun aborde une loi de vie Et les citations bibliques qui en constituent le fondement sont mises en exergue dans chaque chapitre. Comme dans le premier tome, les cinq chapitres sont précédés d'une introduction qui non seulement présente les cinq lois de vie, mais encore explique d'une part ce qu'est une loi de vie, et d'autre part donne quelques fondements théologiques qui doivent permettre de ne pas errer dans le parcours proposer. Comme pour le premier tome, l'introduction donne la clef de lecture du livre ; tout en découle. Il m'a donc semblé important de l'examiner de près. Première loi La première loi consiste dans un choix de l'homme : « Choisis donc la vie » (Dt 30, 15-20) a dit le Seigneur à son peuple. La vie est présentée comme la réponse à un ordre, et c'est par un choix qui accepte cet ordre que l'homme choisit la vie. La vie n'est plus un don reçu, mais un choix, le choix d'un ordonnancement en réponse à un ordre. Ce qui clôturait le Pentateuque devient le fondement et change complètement de signification. L'anthropologie n'est plus fondée sur l'homme créé à l'image de Dieu, sur un don, elle repose sur des lois. Les lois deviennent un fondement ontologique : ce sont en effet des lois dites ontologiques et ce sont elles qui fondent la vérité de l'homme. Ces lois sont inscrites dans notre humanité, mais c'est la Parole de Dieu, la révélation qui nous aide à les connaître, dit-on. Qu'a-t-on fait de la vérité de l'homme ? l'auteur a oublié que la vérité de l'homme, c'est Dieu et non la connaissance et la mise en uvre de lois. Et la révélation ne nous parle jamais de l'homme sans nous parler de Dieu. L'homme est créé à son l'image. La loi remplace l'être. La vie, la connaissance, ne sont plus regardées comme fondamentalement liées au fait que nous sommes des êtres ouverts aux êtres qui nous entourent, et avant tout à Dieu, mais à l'accueil de lois. L'ontologie étant écartée, l'être même ne présentant plus d'intérêt, on cherche dans l'Écriture des valeurs dite chrétiennes - elles seront même appelées des lois de Dieu -, qu'on va appeler des lois de vie.. La vie n'est plus dans une relation. Le bien et l'être sont séparés : on regarde en soi-même pour découvrir la règle de vie. L'homme qui est présenté ici est un homme qui n'écoute plus que lui-même, qui n'est plus ouvert à la création, qui ne capte dans l'Écriture que ce qui est un reflet de ses propres problèmes. Que nous disait la Genèse ? Le fleuve de vie jaillissait au milieu du jardin. Au commencement, la communion d'Amour de la Trinité se donne, le fleuve de vie jaillit de sa source et se répand dans notre monde. Le même fleuve se retrouve à l'autre extrémité de la Bible, dans l'Apocalypse. Il faut encore remarquer que tout commence par un choix. Il y a à l'arrière une certaine conception de la liberté, qui sera plus loin définie comme une capacité de choisir. La liberté est réduite au libre arbitre. Deuxième loi Accepter sa condition de créature : telle est la deuxième loi. Gn 2, 16-17 lui sert de fondement biblique. Une interprétation originale est donnée : l'homme est créature et non Dieu, il doit accepter ses limites. Or que disait l'Écriture ? Il est interdit à l'homme, qui est une créature, de décréter par lui-même où est le bien et où est le mal : il le reçoit. Franchir cet interdit coupe l'homme de Dieu. Or la seule chose interdite, c'est que l'homme puisse se couper de Dieu. Il l'a fait cependant, et il erre loin de Dieu en décrétant où est le chemin : il s'exile loin de l'arbre de vie (Gn 3, 22-24). Ayant goûté du fruit de l'arbre du bien et du mal (Gn 3, 6), il est soumis à ce paradoxe de savoir ce qu'est le bien et le mal, mais en même temps de ne pas le savoir, à cause à sa condition d'exilé : il est exilé du centre, de l'arbre de vie (Gn 3, 22-24). Ayant goûté du fruit de l'arbre du bien et du mal, il s'est coupé de l'arbre de vie, de Dieu. Au dire d'un midrash, lorsqu'Adam et Éve quittèrent le paradis terrestre, Dieu leur fit don de la Torah pour remplacer l'arbre de vie. La Torah devient ainsi le nouvel Eden : elle en signale la possibilité d'existence et plus encore en indique les conditions d'entrée et de réalisation. La Torah est en lien avec la création. Elle n'est pas une loi qui serait première. Il ne faut pas oublier non plus que la condition de créature de l'homme est posée dès le premier chapitre de la Genèse. Troisième loi La troisième loi se fonde sur Abraham qui est invité au départ (Gn 12, 1), qui est appelé à devenir le père d'une multitude de nations (Gn 17, 5). Une troisième citation biblique est invoquée : le caillou qui porte notre nom nouveau (Ap 2, 17). Le commentaire produit l'effet d'un coup de massue : en Abraham, nous sommes invités à ne pas nous mélanger à une autre personne, à ne pas entretenir la confusion, etc. C'est d'équilibre psychique que la Bible nous parlerait. Que nous dit la tradition ? Une alliance est scellée avec Abraham. Par un passage, qui est entièrement un don de Dieu, un homme nouveau sort de Babel. Il vient d'Ur en Mésopotamie. Abraham, c'est l'homme du passage. « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t'indiquerai ». Pars vers toi-même ! : « Va-t-en de là pour aller vers moi, pars me rejoindre ». Cette expression se retrouve deux fois dans le livre de la Genèse. C'est la parole de Dieu à Abraham lors de leur première rencontre (Gn 12, 1), puis lors du sacrifice d'Isaac (Gn 22, 12). C'est l'appel à quitter. Une promesse met Abraham en route : la possession d'une terre. Il part sans savoir où il va, guidé par la soif d'absolu, une soif de s'arracher à un monde et d'entrer dans un autre. Et il ne regarde pas en arrière. Un arrachement le met en route. Mais il aboutit à une situation tragique : au lieu de la terre de communion, de la terre de la promesse, il aboutit à l'Égypte où ses descendants seront esclaves. C'est de notre condition d'exil que Dieu nous parle, comme avec Adam et Éve expulsés loin de l'arbre de vie. Mais nous sommes des exilés appelés à l'alliance, appelés à entrer dans la communion trinitaire. Quatrième loi La quatrième loi concerne l'unité de la personne habitée par le Dieu vivant. Le commandement de l'amour de Dieu et du prochain, la venue du Verbe dans notre chair et l'Esprit qui habite en nous, tout cela a un unique but : l'unité du corps, de l'âme et du cur profond ! ! ! Et notre travail serait de collaborer avec l'Esprit pour arriver à ce résultat. Mais qu'est-ce qu'être unifié ? Un est opposé à trois. Un est considéré comme un nombre. S'unifier, ce n'est pas réduire plusieurs éléments en un. L'un étant premier et les autres ayant une relation d'ordre avec lui : comme le nombre un est le premier d'une série. On aurait donc à retrouver un ordre hiérarchique entre nos diverses composantes. On oublie la personne : il y a un seul être et une seule personne. Pour qu'il y ait unité de la personne, il faut qu'il y ait une personne ! Fondamentalement, nous sommes déjà unifiés. Le travail spirituel qui vise cependant une réelle unification, consiste à laisser l'Esprit toucher notre cur et ramener toutes nos facultés que le péché à dispersées, dans une même direction. Cinquième loi La cinquième loi est l'entrée dans la fécondité et dans le don, comme nous l'avons dit. C'est la promesse de Dieu dans la Genèse (Gn 1, 28). La parabole des talents est interprétée dans le même sens (Mt 25, 21). La bénédiction de Dieu et le travail à accomplir pour faire fructifier ses talents sont regardés comme une seule et même chose. Et les deux ont un but thérapeutique : le premier pas sur ce chemin de vie, c'est de sortir de son verrouillage intérieur, de l'enfermement ! ! ! Trois réalités spirituelles À l'arrière-fond des cinq lois de la vie, trois réalités spirituelles : la gratuité de l'amour de Dieu, la grâce précède l'effort de l'homme, et la liberté. Les trois atomisées. La liberté par exemple, appartient à l'homme de plein droit ! ! ! Plus de lien avec l'image de Dieu, avec la grâce d'adoption filiale, avec l'élection, avec la croix du Christ. La liberté, c'est notre capacité de choix. La grâce est mis en lien avec l'effort de l'homme, alors que les Pères de l'Église parlaient de la grâce et de la liberté. La foi est complètement éclatée, elle n'est plus la source du chemin spirituel. Conclusion Les lois de vie sont recherchées, comme par hasard, dans la Torah ; comme la Torah, elles montrent la direction de la vie. En fait, elles remplacent la Torah qui montrait la direction vers la Terre. Des lois de vie et des lois de mort remplacent le chemin de vie et le chemin de mort devant lequel les hébreux étaient placés. La lecture de ce livre ne peut que laisser une étrange impression : il fait décoller du réel. On est plongé dans la subjectivité qui devient la norme de la pensée, de la vie spirituelle. Le fondement de notre être est détruit. Les principaux points de dérapage sont mis en place dès l'introduction, mais au cours des chapitres on en découvre les conséquences, dans un secteur ou dans un autre. Que penser de la conversion de la psychè ? du ministère intérieur ? Ce dernier point montre qu'il y a une ecclésiologie douteuse à l'arrière-fond de tout le chemin spirituel tracé. Les ministères viennent directement du Père, et non plus du Christ par la voie de la hiérarchie.
Réponse de Simone PacotConcernant la recension par Sur Marie-Ancilla des ouvrages de Simone Pacot sur l'Evangélisation des Profondeurs, tomes 1, 2 et 3 Cette réponse de Simone PACOT est proposée à la fin de la troisième recension. Pour la lire, veuillez cliquer ici Cette étude comprend la recension des trois tomes de L'Evangélisation des profondeurs de Simone PACOT, parus aux éditions du Cerf. Les deux autres sont :
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