La compassion du Père Lataste :
un acte de foi, un acte politique
Le serviteur de Dieu Marie Jean Joseph Lataste, dont le procès
de béatification vient de franchir une étape significative
à Rome, est connu pour son ministère auprès des
détenues et son audace dans la fondation d'une congrégation
religieuse originale, les dominicaines de Béthanie. La source
de son aventure, c'est la compassion éprouvée pour les
détenues condamnées aux travaux forcés auxquelles
il avait été envoyé prêcher une retraite.
Le propos de ces pages est de montrer que la compassion de ce frère
prêcheur n'a pas été un mouvement de la sensibilité,
mais un acte de foi, et que la compassion manifestée au c ur d'une démarche spirituelle (la prédication d'une retraite)
a été menée jusqu'à ses conséquences
ultimes, l'engagement social et politique, l'action sur l'opinion publique
et le pouvoir législatif.
Un acte de foi
Lorsque le père Lataste est envoyé par son prieur pour
prêcher une retraite aux détenues de la centrale de Cadillac,
c'est un jeune prêtre, il a été ordonné un
an et demi plus tôt. Cette prédication l'impressionne pour
deux raisons. Il est originaire de Cadillac, où il a passé
son enfance, et il est selon ses propres termes « marqué
par les préjugés populaires » à l'égard
des détenues. Durant toute son enfance, il a pu voir, en sortant
de l'église paroissiale, la façade austère de la
prison, portant en grandes lettres noires l'inscription « maison
centrale de force et de correction » ; il a pu entendre le
silence qui émanait de ce lieu sinistre. Bien que près
de quatre cents femmes y soient enfermées, il n'en sort pas un
bruit, car elles sont condamnées au silence perpétuel
et absolu. Un tel lieu, un tel silence, un tel mystère entretiennent
les rumeurs, et les langues vont bon train pour colporter les histoires
les plus fantaisistes sur celles que l'on appelle dans la région
« les filles perdues ». Le château des ducs
d'Épernon, qui avait vu passer la cour de France, et qui était
la fierté de la ville était, depuis 1817, devenu la cause
de sa honte devant toute la région, lorsqu'il avait été
transformé en prison pour les femmes criminelles condamnées
aux travaux forcés.
On ne croyait guère à la vertu thérapeutique de
ce système pénitentiaire dont la conception et l'organisation
avait fait l'objet de nombreux débats durant la première
moitié du siècle. Conçues pour remplacer les supplices
qui constituaient l'essentiel des peines sous l'Ancien Régime,
les prisons étaient censées rééduquer les
criminels en leur donnant le goût du travail. Elles devaient,
par tous les moyens rendre à la société des « citoyens
utiles », dont les vices et le goût pour l'oisiveté
auraient été remplacés par la vertu et le goût
du travail. Le moyen principal dont on attendait cette transformation
était le travail forcé. Il était accompagné
de moyens annexes, à la première place desquels se trouvait
la religion. C'est l'État qui soutenait et imposait la pratique
religieuse dans les prisons, qui rendait cette pratique obligatoire
pour les détenus dans la confession qu'ils avaient déclarée
lors de leur incarcération ; c'est l'État qui attendait
de la pratique religieuse, et de la présence d'aumôniers
et de religieuses dans les prisons, une amélioration morale des
détenus. La prédication de retraites était encouragée,
et certains prêtres se prêtaient volontiers à cet
exercice, pour coopérer à l'uvre de régénération en cours dans les prisons.
L'un de ces prédicateurs soulignait même, sans pudeur particulière
que tout le monde y gagnait puisque la prédication de retraites
avait comme conséquence l'amélioration du rendement des
ateliers pénitentiaires1.
C'est sans doute à cause de ce voisinage précoce avec
la prison, et avec ce que l'on disait des détenues autour de
lui, que le jeune frère Marie-Jean-Joseph Lataste avait développé,
dès l'époque de ses études à Saint-Maximin,
un grand souci de la prédication du salut à ceux qui s'en
croient privés. Il y avait là une raison supplémentaire
d'être impressionné par cette retraite à prêcher
aux détenues de Cadillac : pour la première fois, le prédicateur
débutant va se trouver confronté à un auditoire
composé exclusivement de ces femmes auxquelles il pense depuis
longtemps et qu'il considère comme appelées à vivre
une expérience aussi radicale que celle de sainte Marie-Madeleine.
Il va pouvoir mettre en pratique, mettre en uvre dans sa prédication une conviction qui l'habite depuis de
jour de mai 1860 où il avait eu l'occasion de participer à
de grandes fêtes organisées à Saint-Maximin autour
des reliques de sainte Marie-Madeleine. Frère étudiant
malade, il avait été autorisé à vénérer
le crâne de la sainte lors de son transfert dans un nouveau reliquaire.
Cela avait été pour lui l'occasion de comprendre de manière
bouleversante les ressources qui sont prêtes à s'éveiller
en tout être humain. « Baisant cette tête autrefois
avilie, aujourd'hui sacrée, je me disais : Il est donc vrai,
les plus grands pécheurs, les plus grandes pécheresses
ont en eux ce qui fait les grands saints ; qui sait s'ils ne le
deviendront pas un jour2... »
Le père Lataste est donc pris entre deux feux, si l'on peut
dire. Il est habité par le désir d'annoncer la miséricorde,
de réveiller, dans le cur des détenues, la soif de Dieu et cette capacité qui
les habite d'être des saintes et, en même temps, il ne peut
totalement faire taire en lui tout ce qu'il a entendu à leur
propos dans sa jeunesse. « En septembre 1864, j'ai été
envoyé par mes supérieurs prêcher une retraite dans
une Maison de Force ou de travaux forcés pour les femmes. J'y
suis entré avec un grand serrement de cur et la pensée que c'était ou ce serait peut-être
peine inutile3. » Il prépare
cependant soigneusement cette première retraite en prison, écrivant
l'intégralité des sermons qu'il doit prononcer. Cette
prédication aura lieu dans des conditions difficiles : comme
elle ne doit pas empiéter sur le temps de travail forcé,
elle sera donnée avant le travail, vers quatre heures et demie
du matin, et le soir après le travail, vers huit heures et demie
du soir. Il entre le premier jour dans l'immense salle des gardes du
château transformée en chapelle ; c'est la première
fois qu'il voit ces détenues dont il a tant entendu parler.
« Je ne saurais vous dire l'impression qui me saisit au cur au moment où j'entrai pour la première fois dans cette
maison, à la Maison de Force. Elles étaient là
près de quatre cents, couvertes de vêtements grossiers,
la tête enveloppée d'un mouchoir étroitement serré
autour des tempes qui leur donnait une physionomie toute singulière
et (il me le parut alors du moins) vraiment repoussante.
C'est que malgré moi, je subissais l'influence des préjugés
populaires. Le peuple, en effet, n'a pour elles que de l'horreur. On
les appelle communément les voleuses, bien que les neuf
dixièmes peut-être n'aient jamais commis le vol le plus
léger. Et vous savez ce que ce nom de voleuse inspire
de secrète répulsion, ce qu'il éveille dans l'âme
de mépris instinctif4. »
C'est au moment où il ressent cette « secrète
répulsion », où il les trouve vraiment repoussante
que le prédicateur, posant les yeux sur ses notes, prononce les
mots qu'il avait préparés et qui prennent alors toute
leur force de compassion quasi subversive : « mes chères
surs. » Il ne s'agit pas là de l'adresse banale d'un
sermon adressé à un auditoire féminin. Le prédicateur
insiste :
« Voyez encore : je ne sais si vous avez pris garde à
ceci : En commençant, comment vous ai-je appelées ? -
Mes chères Surs - Mes chères Surs ! Comprenez-vous cela ? Que m'êtes-vous après tout
? Hier, je ne vous connaissais pas et dans quelques jours nous nous
séparerons peut-être pour ne plus nous revoir ici-bas.
Bien plus, vous êtes des femmes dégradées (nous
pouvons bien nous dire nos vérités, nous sommes en famille).
Vous êtes des femmes dégradées, avilies, mises au
ban de la société, si vous sortiez d'ici, si l'on savait
d'où vous sortez, on vous montrerait du doigt, on se méfierait
de vous, on ne voudrait pas de vous peut-être même pour
servante ou pour femme de peine. Je n'approuve point cela, je sais bien
que c'est injuste souvent, cruel, tout ce que vous voudrez. Mais enfin,
cela est ainsi. Et maintenant je suppose qu'au lieu de vous présenter
comme servante ou comme femme de peine, vous alliez trouver une autre
jeune fille ou une autre femme de votre âge, et que, lui présentant
la main vous lui disiez : Sois mon amie, sois-moi une sur, je t'aime. Vous la verriez sans doute, si elle savait qui vous êtes,
vous la verriez sans doute repousser votre main avec pitié peut-être,
mais avec dégoût aussi : Pauvre femme, se dirait-elle,
en elle-même, que me demande-t-elle là ? Une voleuse, une
reprise de justice, une empoisonneuse, peut-être, une infanticide,
que sais-je ? Pauvre femme, voilà du pain si vous en voulez,
mais je ne puis pas avoir commerce d'amitié avec vous. Passez
votre chemin. Voilà la plus douce réponse qu'on pourrait
vous faire.
Et moi, moi Ministre de Dieu, consacré quoique très indigne,
au service de ses autels, voué pour toute ma vie à la
privation absolue de tout ce dont vous avez abusé, volontairement
lié par les vux perpétuels de pauvreté, d'obéissance et de chasteté,
moi je viens à vous de moi-même, sans attendre que vous
m'ayez appelé, et vous tendant les mains, je vous appelle : mes
bonnes, mes pauvres, mes chères Surs5. »
La parole de compassion est donc loin d'être ici le fruit d'un
mouvement de la sensibilité, elle prend même le chemin
inverse : alors même qu'il est impressionné par le caractère
repoussant de son auditoire, qu'il est persuadé que sa parole
sera inutile, qu'il éprouve du dégoût pour ce que
ces femmes ont fait, il affirme, dans la foi : vous êtes mes surs. Cette conviction ne le quittera plus. Quelques années plus
tard, évoquant cette rencontre bouleversante, il dira : « mon
cur s'emplissait de larmes encore en songeant à la rude et sanglante
vie, au poids écrasant de honte et d'humiliation qui pesait encore
et qui allait continuer de peser encore sur ces âmes qui m'étaient
devenues si chères, et qui étaient mes surs après tout, mes surs en Adam, mes surs en Jésus-Christ6. »
Si la compassion chrétienne peut parfois revêtir un caractère
héroïque, c'est certainement lorsque elle s'affirme dans
la foi, lorsque elle est le fruit d'un acte de foi, qui pousse à
voir un frère, une sur dans l'homme, dans la femme marqués par le mal commis et subit
au point d'en être repoussant, de n'attirer en rien la sympathie.
La compassion n'a alors pas grand chose à voir avec l'émotion
que l'on peut éprouver à voir souffrir un ami. Elle est
affirmée alors que l'émotion, la sensibilité, invitent
à passer son chemin.
Quand on lit aujourd'hui l'intégralité des sermons prononcés
par le père Lataste à la prison de Cadillac, durant cette
retraite et durant celle qu'il eu la possibilité de prêcher
l'année suivante, on peut être surpris par leur style.
On reste dubitatif sur la façon dont l'auditoire, composé
à 80% d'illettrées7,
a pu comprendre ces textes composés de longues périodes
oratoires, émaillées de citation bibliques en latin. Et
pourtant, cette parole a eu un impact, au point que le prédicateur
a même noté une transformation physique de son auditoire
qui retrouvait peu à peu sa dignité8.
N'est-ce pas le signe que les détenues par delà les mots
prononcés ont compris l'attitude de compassion du père
Lataste. Elles ne comprenaient peut-être pas le sens exact de
ce qu'il disait, mais elles savaient au plus profond d'elles-mêmes
que cet homme les avaient appelées « mes chères
surs » et les regardaient comme telles. Dans un système
hiérarchisé à l'extrême, où les rares
relations humaines qu'elles pouvaient avoir étaient toujours
marqués par des signes leur rappellant leur infâmie9,
un homme les abordaient d'égal à égal, leur disant
d'emblée : « nous pouvons nousdire nos vérités,
nous sommes en famille. »
Des surs, jusqu'au bout.
Cet acte de foi posé par le prédicateur dans la prison
de Cadillac est à l'origine du bouleversement profond qui va
marquer le reste de sa courte vie. Il a osé regarder les détenues
comme des surs et le leur dire, sans aucune compromission avec leurs fautes passées.
Il a su voir la beauté de créatures aimées de Dieu
là où humainement ne se manifestaient que déchéance
et perversion. Mais il ne s'agit pas uniquement d'un changement personnel,
d'une étape spirituelle vécue au cours d'une prédication.
Le prédicateur a su aller jusqu'au bout de son intuition. Regardant
ces femmes comme ses surs en Adam et en Jésus Christ, il était prêt à
laisser naître en lui une idée absolument originale dans
l'histoire de l'Église. Prenant appui sur le pardon accordé
par Dieu à celles qui l'avaient demandé, il a ouvert les
portes de la communion eucharistique aux détenues, ce qui était
déjà original pour l'époque, puis a osé
formuler l'idée d'accueillir dans la vie religieuse celles d'entre
elles qui en manifesteraient le désir et la vocation. Pourquoi,
en effet, refuser de considérer comme des surs dans la vie religieuse celles qu'il regardait comme ses surs en humanité et dans la foi ? Si le salut a la même
source pour tous, si la main qui a secouru les unes est la même
que celle qui a empêché les autres de tomber, il n'y a
aucune raison de créer une communauté spéciale
pour des femmes spéciales : il faut au contraire créer
une communauté dominicaine dans laquelle les femmes venant de
la prison seront intégrées au milieu d'autres surs ayant un passé moins difficile. Elles vivront en famille,
comme des surs, comme Marthe et Marie, unies dans la maison de Béthanie
pour recevoir et honorer leur Seigneur. Le projet de cette communauté
de Béthanie est né dans le cur du père Lataste au cours d'une adoration du Saint-Sacrement
à la prison, alors qu'il priait au milieu des détenues,
comme un frère parmi ses surs, et qu'il était bouleversé de la ferveur qui emplissait
la chapelle.
Ici encore, le processus aurait pu en rester là. Il aurait été
déjà remarquable de voir une telle communauté contemplative
naître en prison, et s'ouvrir à l'accueil de surs de passés différents, sans autre condition que leur
bonne volonté et leur désir de mener la vie religieuse.
Il aurait été remarquable de voir un prédicateur
donner autant d'énergie pour concrétiser, au milieu d'incroyables
difficultés matérielles et institutionnelles, une intuition
qui lui était venu au cours d'une nuit de prière. Mais
le père Lataste va jusqu'au bout, il tire les conséquences
de sa compassion de la manière la plus large possible. On peut
en effet se dire, et le père Lataste se le disait lui-même,
que la création d'une communauté religieuse contemplative
apte à accueillir d'anciennes détenues dans ses rangs
est un projet admirable, certes, mais qu'il ne constituera une solution
que pour un nombre infime de détenues libérées.
A l'époque comme aujourd'hui, la vie religieuse n'était
pas forcément un projet très enthousiasmant pour la plupart
des détenues. Fallait-il se désintéresser des autres
et les abandonner à leur triste sort ? Le père Lataste
a découvert en prison le drame terrible vécu par de nombreuses
détenues considérées comme des récidivistes,
et qui avait été conduite à une rechute dans la
criminalité à cause de l'attitude de défiance de
la société à leur égard. Comment se fait-il,
se demande le prédicateur, que le Seigneur Jésus les considèrent
comme assez digne pour leur accorder son pardon et résider en
elles par l'eucharistie, et que la société les regarde
comme des femmes indignes d'être de simples servantes ? Pourquoi
ces femmes sont elles capables d'entrer dans la vie religieuse, alors
que l'on refuse de leur louer un logement et de leur donner les moyens
de gagner leur vie honnêtement.
Au lieu d'entonner, comme la grande majorité de ses contemporains,
l'antienne du « vice inscrit dans de mauvaises natures »,
de l'oisiveté qui engendre le crime etc., le père Lataste
constate que des femmes revenues au désir d'une vie honnête
durant leur séjour en prison ne trouvent pas la possibilité
en sortant de mener cette vie. La fondation de Béthanie prend
alors l'aspect et le rôle d'un geste prophétique. Le père
Lataste publie une petite brochure10
pour présenter son projet. Bien loin de limiter l'objectif de
cette publication à la récolte de fonds pour la nouvelle
communauté, il en fait un instrument de provocation de l'opinion
publique et du pouvoir politique. Si la vie religieuse, considérée
alors comme le sommet de la vertu et de la respectabilité, ouvre
ses portes à des femmes qui sortent des centrales après
de longues années d'amendement, pourquoi les fermes, les fabriques,
les ateliers les repoussent ? Il s'agit bien d'une action politique,
puisque le père Lataste envoie sa brochure à tous les
députés, à l'impératrice, et à de
nombreux journaux laïcs, dans l'espoir de faire bouger quelque
chose dans l'opinion publique. A une société qui, hier
comme aujourd'hui, dit au coupable : « donne nous des preuves
de ta réintégration dans la communauté sociale
et alors nous te ferons confiance », le père Lataste
tente de dire : « Faites-leur confiance, et vous leur donnerez
ainsi le seul moyen pour qu'ils puissent revenir dans la société. »
Il ne met pas en cause l'existence d'un système pénal,
ni même l'existence de la prison ; il s'insurge seulement sur
le caractère indéfini du processus de la peine et de la
suspicion.
Sa publication et la fondation de Béthanie auront un certain
écho dans la presse. Elles ne recevront de critiques virulentes
qu'au sein de la presse cléricale et au sein de l'Ordre dominicain.
La santé du père Lataste, vite minée par la tuberculose,
l'empêchera de développer plus loin son combat dans l'opinion
publique. Il meurt en 1869, deux ans et demi après la fondation,
cinq ans après son premier contact avec les détenues.
Il meurt épuisé par ce combat, et par les résistances
qu'il a rencontré depuis ce jour où il a osé regarder
des filles perdues comme ses surs et en tirer toutes les conséquences.
Il reste aujourd'hui un témoin de miséricorde et d'espérance
pour toutes sortes de gens, en Europe, en Afrique et en Amérique,
en prison ou ailleurs. Il doit aussi être regardé comme
un maître en compassion chrétienne, une compassion qui
ne se limite pas à un bon mouvement, à une émotion
devant la souffrance, mais un acte de foi qui fait voir dans le plus
pauvre et le plus méprisé un frère, une sur
en Jésus-Christ, aux côtés duquel la foi invite
à s'engager jusqu'à partager parfois le mépris
dont il est l'objet.
Jean-Marie Gueullette, o.p.
1 . Abbé Laroque : « Avec
l'aide de l'influence religieuse, on obtiendra du détenu soumission
au règlement, existence sage et uniforme, et par conséquent,
on aura pour résultat une augmentation dans le produit du travail. »,
Compte rendu des congrès pénitentiaires, Revue pénitentiaire
et des institutions préventives, t. IV, 1847, p. 72.
2 . Sermon 188 sur Marie Madeleine.
Les textes du père Lataste cités dans cet article ont
fait l'objet d'une édition critique, sous le titre Prêcheur
de la miséricorde, Paris, Éd. cerf, 1992.
3 . Lettre 444 au père Hue.
4 . Sermon 407 sur Béthanie.
5 . Sermon 90. Ouverture de la retraite
de Cadillac.
6 . Sermon 407.
7 . Quelques années plus
tôt la correspondance du préfet de Gironde avec la supérieure
des soeurs de la Sagesse, qui assuraient la surveillance de la détention
montre que le choix des soeurs envoyées à la prison étaient
en partie lié à leur région d'origine et aux patois
qu'elles parlaient, de manière à rendre la communication
avec certaines détenues possible.
8 . « Et leur parlait-on
de la grande miséricorde de Dieu, de son grand amour, de son
amour de prédilection pour les âmes sincèrement
repentantes, pour les âmes qui veulent l'aimer comme Madeleine,
alors vous les auriez vu relever doucement la tête, comme les
fleurs après l'orage quand le soleil vient les toucher, leurs
visages s'épanouissaient peu à peu, il semblait qu'ils
respirassent plus à l'aise et que les murs, pourtant si lourds,
de la prison leur fussent devenus légers. » Sermon
407 sur Béthanie.
9 . Les détenues portaient
un numéro d'ordre sur la manche de leur vêtement. Elles
travaillaient, dormaient, mangeaient et faisaient la promenade selon
cet ordre. Si les obligations du service l'exigeaient, elles pouvaient
adresser la parole à voix basse aux soeurs ou au personnel laïc
de la prison, mais elles n'avaient jamais le droit de relever la tête
et de regarder en face leur interlocuteur.
10 . Les réhabilitées,
Paris, 1866.
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