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Fr. Jean-Marie Gueullette, OP

La compassion du Père Lataste :
un acte de foi, un acte politique


Cet article a été publié dans
La vie spirituelle, n° 728, 1998, pages 519-530.

La compassion du Père Lataste :
un acte de foi, un acte politique

 

Le serviteur de Dieu Marie Jean Joseph Lataste, dont le procès de béatification vient de franchir une étape significative à Rome, est connu pour son ministère auprès des détenues et son audace dans la fondation d'une congrégation religieuse originale, les dominicaines de Béthanie. La source de son aventure, c'est la compassion éprouvée pour les détenues condamnées aux travaux forcés auxquelles il avait été envoyé prêcher une retraite. Le propos de ces pages est de montrer que la compassion de ce frère prêcheur n'a pas été un mouvement de la sensibilité, mais un acte de foi, et que la compassion manifestée au cœ ur d'une démarche spirituelle (la prédication d'une retraite) a été menée jusqu'à ses conséquences ultimes, l'engagement social et politique, l'action sur l'opinion publique et le pouvoir législatif.

Un acte de foi

Lorsque le père Lataste est envoyé par son prieur pour prêcher une retraite aux détenues de la centrale de Cadillac, c'est un jeune prêtre, il a été ordonné un an et demi plus tôt. Cette prédication l'impressionne pour deux raisons. Il est originaire de Cadillac, où il a passé son enfance, et il est selon ses propres termes « marqué par les préjugés populaires » à l'égard des détenues. Durant toute son enfance, il a pu voir, en sortant de l'église paroissiale, la façade austère de la prison, portant en grandes lettres noires l'inscription « maison centrale de force et de correction » ; il a pu entendre le silence qui émanait de ce lieu sinistre. Bien que près de quatre cents femmes y soient enfermées, il n'en sort pas un bruit, car elles sont condamnées au silence perpétuel et absolu. Un tel lieu, un tel silence, un tel mystère entretiennent les rumeurs, et les langues vont bon train pour colporter les histoires les plus fantaisistes sur celles que l'on appelle dans la région « les filles perdues ». Le château des ducs d'Épernon, qui avait vu passer la cour de France, et qui était la fierté de la ville était, depuis 1817, devenu la cause de sa honte devant toute la région, lorsqu'il avait été transformé en prison pour les femmes criminelles condamnées aux travaux forcés.

On ne croyait guère à la vertu thérapeutique de ce système pénitentiaire dont la conception et l'organisation avait fait l'objet de nombreux débats durant la première moitié du siècle. Conçues pour remplacer les supplices qui constituaient l'essentiel des peines sous l'Ancien Régime, les prisons étaient censées rééduquer les criminels en leur donnant le goût du travail. Elles devaient, par tous les moyens rendre à la société des « citoyens utiles », dont les vices et le goût pour l'oisiveté auraient été remplacés par la vertu et le goût du travail. Le moyen principal dont on attendait cette transformation était le travail forcé. Il était accompagné de moyens annexes, à la première place desquels se trouvait la religion. C'est l'État qui soutenait et imposait la pratique religieuse dans les prisons, qui rendait cette pratique obligatoire pour les détenus dans la confession qu'ils avaient déclarée lors de leur incarcération ; c'est l'État qui attendait de la pratique religieuse, et de la présence d'aumôniers et de religieuses dans les prisons, une amélioration morale des détenus. La prédication de retraites était encouragée, et certains prêtres se prêtaient volontiers à cet exercice, pour coopérer à l'œuvre de régénération en cours dans les prisons. L'un de ces prédicateurs soulignait même, sans pudeur particulière que tout le monde y gagnait puisque la prédication de retraites avait comme conséquence l'amélioration du rendement des ateliers pénitentiaires1.

C'est sans doute à cause de ce voisinage précoce avec la prison, et avec ce que l'on disait des détenues autour de lui, que le jeune frère Marie-Jean-Joseph Lataste avait développé, dès l'époque de ses études à Saint-Maximin, un grand souci de la prédication du salut à ceux qui s'en croient privés. Il y avait là une raison supplémentaire d'être impressionné par cette retraite à prêcher aux détenues de Cadillac : pour la première fois, le prédicateur débutant va se trouver confronté à un auditoire composé exclusivement de ces femmes auxquelles il pense depuis longtemps et qu'il considère comme appelées à vivre une expérience aussi radicale que celle de sainte Marie-Madeleine. Il va pouvoir mettre en pratique, mettre en œuvre dans sa prédication une conviction qui l'habite depuis de jour de mai 1860 où il avait eu l'occasion de participer à de grandes fêtes organisées à Saint-Maximin autour des reliques de sainte Marie-Madeleine. Frère étudiant malade, il avait été autorisé à vénérer le crâne de la sainte lors de son transfert dans un nouveau reliquaire. Cela avait été pour lui l'occasion de comprendre de manière bouleversante les ressources qui sont prêtes à s'éveiller en tout être humain. « Baisant cette tête autrefois avilie, aujourd'hui sacrée, je me disais : Il est donc vrai, les plus grands pécheurs, les plus grandes pécheresses ont en eux ce qui fait les grands saints ; qui sait s'ils ne le deviendront pas un jour2... »

Le père Lataste est donc pris entre deux feux, si l'on peut dire. Il est habité par le désir d'annoncer la miséricorde, de réveiller, dans le cœur des détenues, la soif de Dieu et cette capacité qui les habite d'être des saintes et, en même temps, il ne peut totalement faire taire en lui tout ce qu'il a entendu à leur propos dans sa jeunesse. « En septembre 1864, j'ai été envoyé par mes supérieurs prêcher une retraite dans une Maison de Force ou de travaux forcés pour les femmes. J'y suis entré avec un grand serrement de cœur et la pensée que c'était ou ce serait peut-être peine inutile3. » Il prépare cependant soigneusement cette première retraite en prison, écrivant l'intégralité des sermons qu'il doit prononcer. Cette prédication aura lieu dans des conditions difficiles : comme elle ne doit pas empiéter sur le temps de travail forcé, elle sera donnée avant le travail, vers quatre heures et demie du matin, et le soir après le travail, vers huit heures et demie du soir. Il entre le premier jour dans l'immense salle des gardes du château transformée en chapelle ; c'est la première fois qu'il voit ces détenues dont il a tant entendu parler.

« Je ne saurais vous dire l'impression qui me saisit au cœur au moment où j'entrai pour la première fois dans cette maison, à la Maison de Force. Elles étaient là près de quatre cents, couvertes de vêtements grossiers, la tête enveloppée d'un mouchoir étroitement serré autour des tempes qui leur donnait une physionomie toute singulière et (il me le parut alors du moins) vraiment repoussante.

C'est que malgré moi, je subissais l'influence des préjugés populaires. Le peuple, en effet, n'a pour elles que de l'horreur. On les appelle communément les voleuses, bien que les neuf dixièmes peut-être n'aient jamais commis le vol le plus léger. Et vous savez ce que ce nom de voleuse inspire de secrète répulsion, ce qu'il éveille dans l'âme de mépris instinctif4. »

C'est au moment où il ressent cette « secrète répulsion », où il les trouve vraiment repoussante que le prédicateur, posant les yeux sur ses notes, prononce les mots qu'il avait préparés et qui prennent alors toute leur force de compassion quasi subversive : « mes chères sœurs. » Il ne s'agit pas là de l'adresse banale d'un sermon adressé à un auditoire féminin. Le prédicateur insiste :

« Voyez encore : je ne sais si vous avez pris garde à ceci : En commençant, comment vous ai-je appelées ? - Mes chères Sœurs - Mes chères Sœurs ! Comprenez-vous cela ? Que m'êtes-vous après tout ? Hier, je ne vous connaissais pas et dans quelques jours nous nous séparerons peut-être pour ne plus nous revoir ici-bas. Bien plus, vous êtes des femmes dégradées (nous pouvons bien nous dire nos vérités, nous sommes en famille). Vous êtes des femmes dégradées, avilies, mises au ban de la société, si vous sortiez d'ici, si l'on savait d'où vous sortez, on vous montrerait du doigt, on se méfierait de vous, on ne voudrait pas de vous peut-être même pour servante ou pour femme de peine. Je n'approuve point cela, je sais bien que c'est injuste souvent, cruel, tout ce que vous voudrez. Mais enfin, cela est ainsi. Et maintenant je suppose qu'au lieu de vous présenter comme servante ou comme femme de peine, vous alliez trouver une autre jeune fille ou une autre femme de votre âge, et que, lui présentant la main vous lui disiez : Sois mon amie, sois-moi une sœur, je t'aime. Vous la verriez sans doute, si elle savait qui vous êtes, vous la verriez sans doute repousser votre main avec pitié peut-être, mais avec dégoût aussi : Pauvre femme, se dirait-elle, en elle-même, que me demande-t-elle là ? Une voleuse, une reprise de justice, une empoisonneuse, peut-être, une infanticide, que sais-je ? Pauvre femme, voilà du pain si vous en voulez, mais je ne puis pas avoir commerce d'amitié avec vous. Passez votre chemin. Voilà la plus douce réponse qu'on pourrait vous faire.

Et moi, moi Ministre de Dieu, consacré quoique très indigne, au service de ses autels, voué pour toute ma vie à la privation absolue de tout ce dont vous avez abusé, volontairement lié par les vœux perpétuels de pauvreté, d'obéissance et de chasteté, moi je viens à vous de moi-même, sans attendre que vous m'ayez appelé, et vous tendant les mains, je vous appelle : mes bonnes, mes pauvres, mes chères Sœurs5. »

La parole de compassion est donc loin d'être ici le fruit d'un mouvement de la sensibilité, elle prend même le chemin inverse : alors même qu'il est impressionné par le caractère repoussant de son auditoire, qu'il est persuadé que sa parole sera inutile, qu'il éprouve du dégoût pour ce que ces femmes ont fait, il affirme, dans la foi : vous êtes mes sœurs. Cette conviction ne le quittera plus. Quelques années plus tard, évoquant cette rencontre bouleversante, il dira : « mon cœur s'emplissait de larmes encore en songeant à la rude et sanglante vie, au poids écrasant de honte et d'humiliation qui pesait encore et qui allait continuer de peser encore sur ces âmes qui m'étaient devenues si chères, et qui étaient mes sœurs après tout, mes sœurs en Adam, mes sœurs en Jésus-Christ6. »

Si la compassion chrétienne peut parfois revêtir un caractère héroïque, c'est certainement lorsque elle s'affirme dans la foi, lorsque elle est le fruit d'un acte de foi, qui pousse à voir un frère, une sœur dans l'homme, dans la femme marqués par le mal commis et subit au point d'en être repoussant, de n'attirer en rien la sympathie. La compassion n'a alors pas grand chose à voir avec l'émotion que l'on peut éprouver à voir souffrir un ami. Elle est affirmée alors que l'émotion, la sensibilité, invitent à passer son chemin.

Quand on lit aujourd'hui l'intégralité des sermons prononcés par le père Lataste à la prison de Cadillac, durant cette retraite et durant celle qu'il eu la possibilité de prêcher l'année suivante, on peut être surpris par leur style. On reste dubitatif sur la façon dont l'auditoire, composé à 80% d'illettrées7, a pu comprendre ces textes composés de longues périodes oratoires, émaillées de citation bibliques en latin. Et pourtant, cette parole a eu un impact, au point que le prédicateur a même noté une transformation physique de son auditoire qui retrouvait peu à peu sa dignité8. N'est-ce pas le signe que les détenues par delà les mots prononcés ont compris l'attitude de compassion du père Lataste. Elles ne comprenaient peut-être pas le sens exact de ce qu'il disait, mais elles savaient au plus profond d'elles-mêmes que cet homme les avaient appelées « mes chères sœurs » et les regardaient comme telles. Dans un système hiérarchisé à l'extrême, où les rares relations humaines qu'elles pouvaient avoir étaient toujours marqués par des signes leur rappellant leur infâmie9, un homme les abordaient d'égal à égal, leur disant d'emblée : « nous pouvons nousdire nos vérités, nous sommes en famille. »

Des sœurs, jusqu'au bout.

Cet acte de foi posé par le prédicateur dans la prison de Cadillac est à l'origine du bouleversement profond qui va marquer le reste de sa courte vie. Il a osé regarder les détenues comme des sœurs et le leur dire, sans aucune compromission avec leurs fautes passées. Il a su voir la beauté de créatures aimées de Dieu là où humainement ne se manifestaient que déchéance et perversion. Mais il ne s'agit pas uniquement d'un changement personnel, d'une étape spirituelle vécue au cours d'une prédication. Le prédicateur a su aller jusqu'au bout de son intuition. Regardant ces femmes comme ses sœurs en Adam et en Jésus Christ, il était prêt à laisser naître en lui une idée absolument originale dans l'histoire de l'Église. Prenant appui sur le pardon accordé par Dieu à celles qui l'avaient demandé, il a ouvert les portes de la communion eucharistique aux détenues, ce qui était déjà original pour l'époque, puis a osé formuler l'idée d'accueillir dans la vie religieuse celles d'entre elles qui en manifesteraient le désir et la vocation. Pourquoi, en effet, refuser de considérer comme des sœurs dans la vie religieuse celles qu'il regardait comme ses sœurs en humanité et dans la foi ? Si le salut a la même source pour tous, si la main qui a secouru les unes est la même que celle qui a empêché les autres de tomber, il n'y a aucune raison de créer une communauté spéciale pour des femmes spéciales : il faut au contraire créer une communauté dominicaine dans laquelle les femmes venant de la prison seront intégrées au milieu d'autres sœurs ayant un passé moins difficile. Elles vivront en famille, comme des sœurs, comme Marthe et Marie, unies dans la maison de Béthanie pour recevoir et honorer leur Seigneur. Le projet de cette communauté de Béthanie est né dans le cœur du père Lataste au cours d'une adoration du Saint-Sacrement à la prison, alors qu'il priait au milieu des détenues, comme un frère parmi ses sœurs, et qu'il était bouleversé de la ferveur qui emplissait la chapelle.

Ici encore, le processus aurait pu en rester là. Il aurait été déjà remarquable de voir une telle communauté contemplative naître en prison, et s'ouvrir à l'accueil de sœurs de passés différents, sans autre condition que leur bonne volonté et leur désir de mener la vie religieuse. Il aurait été remarquable de voir un prédicateur donner autant d'énergie pour concrétiser, au milieu d'incroyables difficultés matérielles et institutionnelles, une intuition qui lui était venu au cours d'une nuit de prière. Mais le père Lataste va jusqu'au bout, il tire les conséquences de sa compassion de la manière la plus large possible. On peut en effet se dire, et le père Lataste se le disait lui-même, que la création d'une communauté religieuse contemplative apte à accueillir d'anciennes détenues dans ses rangs est un projet admirable, certes, mais qu'il ne constituera une solution que pour un nombre infime de détenues libérées. A l'époque comme aujourd'hui, la vie religieuse n'était pas forcément un projet très enthousiasmant pour la plupart des détenues. Fallait-il se désintéresser des autres et les abandonner à leur triste sort ? Le père Lataste a découvert en prison le drame terrible vécu par de nombreuses détenues considérées comme des récidivistes, et qui avait été conduite à une rechute dans la criminalité à cause de l'attitude de défiance de la société à leur égard. Comment se fait-il, se demande le prédicateur, que le Seigneur Jésus les considèrent comme assez digne pour leur accorder son pardon et résider en elles par l'eucharistie, et que la société les regarde comme des femmes indignes d'être de simples servantes ? Pourquoi ces femmes sont elles capables d'entrer dans la vie religieuse, alors que l'on refuse de leur louer un logement et de leur donner les moyens de gagner leur vie honnêtement.

Au lieu d'entonner, comme la grande majorité de ses contemporains, l'antienne du « vice inscrit dans de mauvaises natures », de l'oisiveté qui engendre le crime etc., le père Lataste constate que des femmes revenues au désir d'une vie honnête durant leur séjour en prison ne trouvent pas la possibilité en sortant de mener cette vie. La fondation de Béthanie prend alors l'aspect et le rôle d'un geste prophétique. Le père Lataste publie une petite brochure10 pour présenter son projet. Bien loin de limiter l'objectif de cette publication à la récolte de fonds pour la nouvelle communauté, il en fait un instrument de provocation de l'opinion publique et du pouvoir politique. Si la vie religieuse, considérée alors comme le sommet de la vertu et de la respectabilité, ouvre ses portes à des femmes qui sortent des centrales après de longues années d'amendement, pourquoi les fermes, les fabriques, les ateliers les repoussent ? Il s'agit bien d'une action politique, puisque le père Lataste envoie sa brochure à tous les députés, à l'impératrice, et à de nombreux journaux laïcs, dans l'espoir de faire bouger quelque chose dans l'opinion publique. A une société qui, hier comme aujourd'hui, dit au coupable : « donne nous des preuves de ta réintégration dans la communauté sociale et alors nous te ferons confiance », le père Lataste tente de dire : « Faites-leur confiance, et vous leur donnerez ainsi le seul moyen pour qu'ils puissent revenir dans la société. » Il ne met pas en cause l'existence d'un système pénal, ni même l'existence de la prison ; il s'insurge seulement sur le caractère indéfini du processus de la peine et de la suspicion.

Sa publication et la fondation de Béthanie auront un certain écho dans la presse. Elles ne recevront de critiques virulentes qu'au sein de la presse cléricale et au sein de l'Ordre dominicain. La santé du père Lataste, vite minée par la tuberculose, l'empêchera de développer plus loin son combat dans l'opinion publique. Il meurt en 1869, deux ans et demi après la fondation, cinq ans après son premier contact avec les détenues. Il meurt épuisé par ce combat, et par les résistances qu'il a rencontré depuis ce jour où il a osé regarder des filles perdues comme ses sœurs et en tirer toutes les conséquences. Il reste aujourd'hui un témoin de miséricorde et d'espérance pour toutes sortes de gens, en Europe, en Afrique et en Amérique, en prison ou ailleurs. Il doit aussi être regardé comme un maître en compassion chrétienne, une compassion qui ne se limite pas à un bon mouvement, à une émotion devant la souffrance, mais un acte de foi qui fait voir dans le plus pauvre et le plus méprisé un frère, une sœur en Jésus-Christ, aux côtés duquel la foi invite à s'engager jusqu'à partager parfois le mépris dont il est l'objet.

Jean-Marie Gueullette, o.p.


1 . Abbé Laroque : « Avec l'aide de l'influence religieuse, on obtiendra du détenu soumission au règlement, existence sage et uniforme, et par conséquent, on aura pour résultat une augmentation dans le produit du travail. », Compte rendu des congrès pénitentiaires, Revue pénitentiaire et des institutions préventives, t. IV, 1847, p. 72.

2 . Sermon 188 sur Marie Madeleine. Les textes du père Lataste cités dans cet article ont fait l'objet d'une édition critique, sous le titre Prêcheur de la miséricorde, Paris, Éd. cerf, 1992.

3 . Lettre 444 au père Hue.

4 . Sermon 407 sur Béthanie.

5 . Sermon 90. Ouverture de la retraite de Cadillac.

6 . Sermon 407.

7 . Quelques années plus tôt la correspondance du préfet de Gironde avec la supérieure des soeurs de la Sagesse, qui assuraient la surveillance de la détention montre que le choix des soeurs envoyées à la prison étaient en partie lié à leur région d'origine et aux patois qu'elles parlaient, de manière à rendre la communication avec certaines détenues possible.

8 . « Et leur parlait-on de la grande miséricorde de Dieu, de son grand amour, de son amour de prédilection pour les âmes sincèrement repentantes, pour les âmes qui veulent l'aimer comme Madeleine, alors vous les auriez vu relever doucement la tête, comme les fleurs après l'orage quand le soleil vient les toucher, leurs visages s'épanouissaient peu à peu, il semblait qu'ils respirassent plus à l'aise et que les murs, pourtant si lourds, de la prison leur fussent devenus légers. » Sermon 407 sur Béthanie.

9 . Les détenues portaient un numéro d'ordre sur la manche de leur vêtement. Elles travaillaient, dormaient, mangeaient et faisaient la promenade selon cet ordre. Si les obligations du service l'exigeaient, elles pouvaient adresser la parole à voix basse aux soeurs ou au personnel laïc de la prison, mais elles n'avaient jamais le droit de relever la tête et de regarder en face leur interlocuteur.

10 . Les réhabilitées, Paris, 1866.

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Cet article est publié sous forme électronique dans la bibliothèque de DOMUNI avec l'accord de l'auteur.

Il est paru à l'origine dans la revue La Vie spirituelle éditée par les éditions du Cerf : www.laviespirituelle.editionsducerf.fr
sous référence bibliographique :
Gueullette (J.M.), op, La vie spirituelle, 728, 1998, 519-530.

 

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