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Au terme de cette étude, il apparaît que les sciences qui permettent de retracer lémergence de lhomme obligent à ne pas tenir pour historique le récit traditionnel du péché originel. Pour lui rendre sens, il faut distinguer entre les trois notions de péché du monde, péché dAdam et péché originel. Elles se recoupent sur un point : laffirmation de la solidarité entre un premier et tous ceux qui dépendent de lui, non imitatione sed propagatione, selon lexpression dogmatique. Mais elles ne se confondent pas. Cette distinction opérée, il est possible de réentendre la notion de péché originel dans le sens qui fut le sien dans la réflexion théologique de saint Augustin. La notion dégagée de toute perspective historicisante a un sens métaphysique et théologique : elle affirme que Dieu nest pas lauteur du mal. Ce dernier est le fruit du refus de Dieu, un péché au sens strict. Le péché est connu dans sa malice à la lumière de la grâce, aussi il apparaît à la suite du don de la grâce qui pardonne. Le péché est dit originel, car il nest pas le seul péché de linsaisissable premier homme, mais bien loriginel du péché de tout homme. Il est donc dans lhistoire du humaine, racine de tout péché actuel, passant de génération en génération, dans ce qui constitue linverse démoniaque de la communion des saints. L'expression de péché originel met en jeu un ensemble de prises de positions globales. Parce qu'elle touche à l'origine, elle engage la question de l'identité. Les connaissance scientifiques les plus sûres permettent donc de lui donner son sens. Elle désigne ce qui est originel dans le péché commis réellement par lhomme. L'expression a un sens spécifique qui ne se confond pas avec les notions de péché d'Adam ni de péché du monde, même si ces expressions se recoupent pour dire le rapport entre un premier et tous ceux qui en dépendent. Plus fondamentalement, les trois notions invitent à aller vers un au-delà de lanthropologie et à voir un Dieu saint qui se révèle en son Fils et habite l'intime du coeur par son Esprit. Jean-Michel Maldamé Toulouse, 2 novembre 1999 |