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Article : Mieux dire le péché originel grâce aux sciences de la nature
Auteur : Fr. Jean-Michel Maldamé op

    Conclusion

Au terme de cette étude, il apparaît que les sciences qui permettent de retracer l’émergence de l’homme obligent à ne pas tenir pour historique le récit traditionnel du péché originel. Pour lui rendre sens, il faut distinguer entre les trois notions de péché du monde, péché d’Adam et péché originel. Elles se recoupent sur un point : l’affirmation de la solidarité entre un premier et tous ceux qui dépendent de lui, non imitatione sed propagatione, selon l’expression dogmatique. Mais elles ne se confondent pas. Cette distinction opérée, il est possible de réentendre la notion de péché originel dans le sens qui fut le sien dans la réflexion théologique de saint Augustin. La notion dégagée de toute perspective historicisante a un sens métaphysique et théologique : elle affirme que Dieu n’est pas l’auteur du mal. Ce dernier est le fruit du refus de Dieu, un péché au sens strict. Le péché est connu dans sa malice à la lumière de la grâce, aussi il apparaît à la suite du don de la grâce qui pardonne. Le péché est dit originel, car il n’est pas le seul péché de l’insaisissable premier homme, mais bien l’originel du péché de tout homme. Il est donc dans l’histoire du humaine, racine de tout péché actuel, passant de génération en génération, dans ce qui constitue l’inverse démoniaque de la communion des saints.

L'expression de péché originel met en jeu un ensemble de prises de positions globales. Parce qu'elle touche à l'origine, elle engage la question de l'identité. Les connaissance scientifiques les plus sûres permettent donc de lui donner son sens. Elle désigne ce qui est originel dans le péché commis réellement par l’homme. L'expression a un sens spécifique qui ne se confond pas avec les notions de péché d'Adam ni de péché du monde, même si ces expressions se recoupent pour dire le rapport entre un premier et tous ceux qui en dépendent. Plus fondamentalement, les trois notions invitent à aller vers un au-delà de l’anthropologie et à voir un Dieu saint qui se révèle en son Fils et habite l'intime du coeur par son Esprit.

Jean-Michel Maldamé

Toulouse, 2 novembre 1999


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