- Cours anciens -
Cours de théologie morale : la Charité --- Auteur : P. Michel LABOURDETTE op
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Annotation Encore moins que la charité, les créatures sans raison ne sauraient être aimées pour elles-mêmes ; à aucun titre elles ne « termineront » un de ses actes, elles n'en sont pas à proprement parler objet. La charité qui les atteint sera : ou amour de Dieu si on les aime comme voulues à la gloire de Dieu, ou amour du prochain ou de soi-même si on les aime comme voulues au bien et à l'utilité du prochain ou de soi. Encore ne sont-elles jamais voulues, même ainsi, qu'à titre second, i. e. comme ordonnées et subordonnées à la vertu, à la charité, à la béatitude. On peut donc bien vouloir, en pure charité, à tels hommes ou à telle classe d'hommes, des conditions matérielles d'existence qui leur rendent possible ou plus facile la vie chrétienne et la liberté de vaquer à Dieu ; et on peut, par le même motif, s'y employer efficacement ; mais c'est toujours en vue de la charité elle-même et de la participation à la béatitude. Ce pourrait être par un amour tout naturel et humain, par « philanthropie », qu'on leur voudrait ces biens comme possibilités d'épanouissement ; et cela est déjà bon, c'est une disposition naturelle que la charité utilisera, si on s'élève jusqu'à elle ; mais ce n'est pas encore la charité et cela ne se confond pas avec elle. |