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Cours de théologie morale : la Charité --- Auteur : P. Michel LABOURDETTE op
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Il y a un ordre dans la charité : a. 1 Quel est cet ordre ? : a. 2-12 Demeure-t-il dans la charité du ciel ? : a. 13 Introduction La question est entièrement dominée par l'idée que nous venons de mettre en lumière (q. 25) : à l'intérieur de l'unique charité, il faut distinguer un amour de Dieu, un amour de soi, un amour du prochain. Dieu seul, en son amabilité propre, incréée, est la raison d'aimer, soit Dieu, soit nous, soit le prochain ; mais cette raison d'aimer en charité se trouve autrement en Dieu, en nous et dans le prochain. Elle est en Dieu par identité, par essence : nous dirons qu'il est le principe de l'ordre de la charité ; elle est en nous et dans le prochain comme participée, faisant à chacun, par rapport à ce principe, une situation qui lui est propre et qui constitue une « ratio diligendi » particulière. Cela est d'ailleurs commun à toute amitié, à l'intérieur d'une « communicatio », d'une « koinônia ». Et la raison profonde en est je le répète parce que, jusqu'au bout, tout va se jouer là-dessus que Dieu, le prochain et nous-mêmes sont aimés en charité comme des personnes, de véritables termes d'amour (finis cui). S'il était vrai que la charité consiste précisément à aimer Dieu et n'aimer que Dieu, en lui-même, en nous et en nos frères, notre question 26 n'aurait aucun sens : Dieu est partout le même et partout également aimable. Il y aurait un ordre des biens voulus en charité à Dieu, mais il n'y aurait pas un ordre de la charité elle-même comme amour se terminant aux personnes, comme amitié. Gardez cette vue présente à l'esprit : sa méconnaissance sera à la racine des oppositions que nous verrons faire à la doctrine de saint Thomas, oppositions qui sont le plus souvent d'ordre pratique et peuvent [102] alors, au moins en partie, s'expliquer par la différence des perspectives et des vocabulaires, mais qui se sont aussi parfois exprimées plus spéculativement et ont conduit par exemple : d'une part, à confondre plus ou moins la charité envers soi-même avec l'amour de convoitise et à l'éliminer de l'« amour pur » ; d'autre part, à poser, à côté de la charité, une vertu morale surnaturelle d'amitié envers le prochain, ce qui est pour nous bien inutile, mais devient nécessaire si on réduit la charité à l'activité d'amour de Dieu, tout le reste n'étant aimé que comme des biens, de Dieu, comme la chose de Dieu. |