DOMUNI | Bibliothèque | Homélie

Fr. Jean-Michel Maldamé, op

Noël

Avent

Le récit de Noël est précis. Il a des repères géographiques et chronologiques. Un premier repère est fourni par les dates. Le décret de César. La mention de ce décret nous indique ce qui se passe. César Auguste s’adresse au monde entier. Il fait acte d’autorité. Il détient le pouvoir. Mais s’il a le pouvoir, il n’a pas le savoir. Il veut savoir et il ordonne un recensement de toute la terre. Le décret s’impose à tous.
Le vouloir de César pèse sur Joseph qui est contraint de quitter son village. Il se trouve pris dans un vaste mouvement de peuples. Il va à Bethléem.

Quelque chose échappe à l’empereur. Il n’a pas pouvoir sur ce qui se passe vraiment. Il n’a pas prise sur la vie que Marie porte en elle. Son pouvoir pèse du dehors sur le peuple. Il ne touche ni le cœur, ni l’intime des êtres. César est aveugle. Il ne voit pas. Il ne peut pas voir le secret de Dieu dans l’histoire et le sens de ce qui se passe et qui ne se comprend que par les Écritures.

Qui voit ? L’Évangile nous le montre : ce sont les bergers qui voient. Ils bénéficient d’une parole de Dieu qui leur montre ce qui vient de se dérouler : la naissance d’un enfant.
Le récit de l’Évangile nous dit que ce qui se passe concerne l’univers entier, toute l’humanité vivante. Il nous montre l’opposition entre la manière de César – elle est puissante mais aveugle – et la manière des bergers fondée sur la parole que Dieu leur dit. César brasse la terre ; et pourtant à Bethléem de Judée, la terre et le ciel se rencontrent : Dieu manifeste sa bonté.

Cette opposition culmine au moment où tout sera accompli. Lorsque Jésus sera face à Ponce Pilate, il sera condamné au nom de César ; il sera exécuté par son pouvoir. Dès le commencement, cela se voit. Lorsque Jésus vient au monde, il n’y a pas de place pour lui. Il est rejeté par les siens. Il est enveloppé de linges, comme il sera au tombeau. La tradition dit qu’il fut dans un roc creusé, qui évoque la forme du tombeau. Pourtant c’est lui le sauveur du monde. Il a rejoint l’humanité en sa pauvreté pour l’aimer sans réserve.

Où sommes-nous en cette nuit ? Nous sommes avec les bergers. Nous sommes les bergers. Or vous l’avez entendu, les bergers sont chargés d’annoncer à tout le peuple ce que Dieu a fait. Nous avons entendu la bonne nouvelle et nous sommes chargés de la porter. Nous avons une parole de bonheur. Ne laissons pas passer l’occasion de la dire.

Jean-Michel Maldamé, op


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- Pour aller plus loin consultez le Dossier spécial "Avent"


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