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Le 29 mars 2005 : Pour le 1er dimanche de Pâques |
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Jn 20, 1-9
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Le disciple que Jésus aimait, c'est le disciple
parfait. Il court plus vite et saisit rapidement. Il croit sur presque
rien. Quelques indices et il comprend. Il connaît son ami. Sa connivence
d'amitié lui communique les plus sûres intuitions. Il connaît
Jésus dans son intimité. Le disciple que Jésus aimait, c'est nous, c'est
l'Eglise assemblée qui suit dans l'Evangile, pas à pas,
les victoires de Jésus sur la faim, la maladie, la haine, le désespoir,
jusqu'à ce matin clair où tout est accompli. Il vit et il crut. Qu'a-t-il vu ? Rien ! Ou plutôt si, il a « vu » l'absence de Jésus et là, sur le côté, les linges qui l'avaient retenu. Il a vu ce que l'on voit quand l'invité s'en est allé : les draps pliés au bord du lit et la taie d'oreiller à part, un peu plus loin. Il vit et il crut. Qu'a-t-il cru ? Il a cru la promesse réalisée et Jésus vivant ; Il a cru l'Ecriture accomplie et Jésus glorifié, relevé d'entre les morts, justifié par le Dieu vivant. Il a compris que Jésus n'est plus dans la tombe, enfermé, pieds et mains entravés, mais qu'il est parti, ailleurs, en liberté, vivant comme toujours, libre comme jamais. Cette intuition l'a saisi d'un seul coup et il a « vu », conçu, il a cru. A la Cène, il était si proche de Jésus qu'il sentait battre son cœur, ce matin, il pressent son éveil comme une mère pressent celui de son enfant. Le disciple que Jésus aimait est le seul qui ait cru sans avoir vu Jésus. Comme lui aujourd'hui, frères et sœurs, nous croyons sans rien voir. Nous croyons sans voir mais non sans pressentir -j'en suis sûr- dans notre vie, dans notre cœur, la présence active, vivante et victorieuse du Ressuscité. « Si quelqu'un m'aime, parole de Jésus, mon Père l'aimera et à mon tour je l'aimerai et je me manifesterai à lui ». Cette manifestation est intérieure, personnelle, elle est affaire non pas seulement des yeux ou des oreilles mais du cœur. Elle est une révélation dans la vulnérabilité et la réciprocité, dans la confiance et dans l'amour, comme celle de la fiancée et de son bien aimé. Perception affective, intelligence cordiale, elle dépasse la vision des yeux pour aller à l'essentiel, au plus profond. Tous les récits d'apparitions pascales en témoignent : voir le Ressuscité ne suffit pas si on ne le reconnaît pas. Nul ne peut rencontrer le Dieu vivant comme un objet en face de soi. Nul ne peut le scruter, le fixer, le saisir. Mais je peux entrer en relation et tenter l'aventure, l'écouter comme quelqu'un, quelqu'un qui se révèle, qui se dévoile, qui se confie et qui se dit tout entier, avec pudeur. Pour le disciple que Jésus aimait, cette reconnaissance a suffi. Il a pu croire Jésus vivant par le simple souvenir d'une parole, attestée de quelques signes discrets. Il a pu croire Jésus vivant sans le voir physiquement. Tous les autres témoins ont vu et entendu. Tous cependant ont dû passer de l'expérience sensible à la foi, de la vision à la reconnaissance amoureuse, adoratrice, émerveillée. Laissons-nous entraîner par l'ami de Jésus et plongeons dans la foi, rejoignons le Christ Ressuscité. Ne cherchons pas des preuves contraignantes, ne cherchons pas à voir ni à toucher. Croyons librement ! Approchons-nous tout simplement pour être en communion, en résonance, en sympathie, en harmonie avec le grand vivant, premier né d'entre les morts. Ecoutons les témoins et ouvrons notre cœur. Le matin de Pâques, j'aime la douceur de ce récit très simple, Aucune violence, aucun triomphalisme. Tout est calme et discret. Tout est silence et paix. Une énigme, une absence, la tombe est vide, comprenne qui pourra. Rien de plus, il n'est pas là. Cela suffit. Matin de la Résurrection, premier jour de la semaine, le soleil s'est levé chassant la nuit ancienne, un monde fermé s'est ouvert où brille maintenant une étrange clarté. Fr. Michel Van Aerde op maj
18.05.2005
Droits d'auteur : © Michel VAN
AERDE - Domuni - 2005 |