Notes de lecture, par Ignace BERTEN, dominicain
e
terrorisme à visage humain, de Michel Schooyans,
préfacé par le cardinal López
Trujillo, est dans l'exacte continuité de La dérive totalitaire du
libéralisme,
préfacé par le pape Jean-Paul II (1991),
L'Évangile face au
désordre mondial, préfacé
par le cardinal
Ratzinger (1997), Le crash
démographique
(1999) et La face cachée de l'ONU
(2000), pour ne citer que les livres que j'ai lus ou parcourus.
À travers les
titres divers, une préoccupation et une intention
commune : la défense de
la vie et de la doctrine de l'Église au sujet de la
contraception et de
l'avortement, principalement, du préservatif et de
l'euthanasie, de façon moins
développée. Défense aussi de la
famille selon son modèle traditionnel. Une
cible principale : l'ONU et les différents
organismes spécialisés qui en
dépendent : OMS (santé), FNUAP
(population), UNICEF (enfance), PNUD
(développement). Dans la foulée l'Union
européenne est aussi visée. Leur
objectif, déclare MS, est la destruction de la famille et de
la vie elle-même,
ce qui suppose la déconstruction du catholicisme. Mais sont
également visés
dans son dernier ouvrage les « compagnons de
route », les
« innocents utiles » qui
collaborent à ce gigantesque complot mondial
(médecins, politiciens, intellectuels, pasteurs,
théologiens), et plus
particulièrement les
« dignitaires », responsables
ecclésiastiques de
niveau épiscopal ou cardinalice, jamais directement
nommés,
qui introduisent le doute et la division dans l'Église, qui
scandalisent les
fidèles et discréditent le magistère
et donc l'Église elle-même.
Pourquoi attacher de l'importance aux
publications de MS ? Consulteur du Conseil pontifical pour la
famille, les
diverses préfaces qu'il a obtenues pour ses publications
manifestent
suffisamment combien il est apprécié des
instances romaines au plus haut niveau
(peu d'auteurs peuvent se prévaloir d'une préface
du pape !), ces préfaces
qui viennent donner autorité à ses positions.
Sans doute les expressions de
Jean-Paul II, de Ratzinger et maintenant de
Benoît XVI, ou de la
Congrégation pour la
doctrine n'empruntent-elles jamais le ton virulent, par moment
pamphlétaire,
qui est celui de MS. Mais sur le fond, ses positions intransigeantistes
radicales et l'argumentation qui les fonde sont l'expression de la
doctrine
officielle de l'Église catholique. Par ailleurs,
l'étendue de son information,
la multitude des ses références
précises aux documents de l'ONU, apportent le
crédit scientifique à ses analyses.
MS a été prêtre
Fidei donum pendant 10 ans
au Brésil (1959 - 1969).
À cette époque,
–
le Brésil est sous dictature
militaire, –
il dénonce
avec force l'idéologie de sécurité
nationale, produit du libéralisme
capitaliste (Destin du Brésil. La
technocratie militaire et son idéologie, 1973) et valorise le rôle de
contestation de l'Église (Chrétienté
en contestation : l'Amérique
latine, 1969).
Nommé ensuite à la
faculté de théologie de
Louvain-la-Neuve, il y arrive lors des débats parlementaires
sur l'avortement (L'avortement,
problème politique, 1974).
Cette question deviendra l'un des axes majeurs de son combat.
Dès lors, sa
critique très forte du libéralisme semble
connaître une dérive de plus en plus
marquée (si le libéralisme dérive, MS
dérive tout autant !), la critique
du système économique et politique qui
légitime le droit du plus fort se tourne
en dénonciation du système qui, par l'avortement,
détruit le plus faible.
L'action des Nations unies dans le domaine de la population, – avec
ses dérives réelles justement
dénoncées,
–
est finalement réduite à une stratégie
des pays riches non pour
combattre la pauvreté et permettre le
développement, mais pour éliminer
physiquement les pauvres… Ce que La
dérive totalitaire retenait encore de la critique
de l'État totalitaire
dans le domaine économique et politique pratiquement
disparaît de l'horizon des
textes les plus récents.
Dans sa critique du libéralisme, La dérive totalitaire est un
texte très
fort par endroits : le libéralisme, dont le nom
« semble faire
hommage à la liberté, est une imposture qui ne
fait que masquer une fumisterie.
Le but de celle-ci, comme le but de toute idéologie, c'est
de ‘justifier' et de
‘légitimer' l'injustice par un appel perfide
à la liberté et par une annexion
des instruments (politiques, économiques, financiers,
sociaux, démographiques)
dont la liberté authentique se réserve
normalement l'usage » (p. 99).
Face à cela, MS en appelle, justement, à une
défatalisation : « Dans
bien des milieux du Tiers-Monde et des pays
développés subsiste, et parfois se
renforce, la tentation de considérer le
sous-développement comme un phénomène
fatal, définitif et irréversible. Cette
conviction engendre le désespoir chez les
peuples pauvres et le cynisme chez les riches. Il est urgent de
dénoncer ce
déterminisme paralysant, ce fatalisme
démobilisateur et nullement fondé. Il
faut réaffirmer la prise que l'homme a sur son histoire, sur
la société et la
nature, grâce à son intelligence, sa
volonté libre, son imagination créatrice,
sa sociabilité » (pp. 86-87).
Cela dit, divers signes
révèlent le
caractère idéologique de ce livre. Il y a d'abord
le fait que le tiers du texte
se réfère directement aux problèmes de
la population et aux politiques de
contention de la natalité : la dérive
totalitaire dénoncée est
pratiquement identifiée à la politique de
population. C'est bien là le contenu
central du message, ce qui n'est nullement
suggéré par le titre. Par ailleurs,
face aux systèmes totalitaires, MS exalte le rôle
exemplaire de l'Église portée
par la foi en Europe de l'Est, en particulier en Pologne (comme si la
foi avait
été le seul facteur responsable de la chute du
communisme), mais pas la moindre
allusion à la résistance de l'Église
contre les dictatures militaires en
Amérique latine, en particulier au Brésil,
situation qu'il connaissait pourtant
très bien et dont il avait même fait la louange
quelques années auparavant.
Mais entre-temps, Rome s'était
inquiétée de la théologie de la
libération.
Une thèse traverse l'ensemble des
écrits de
MS : le problème de la population n'existe pas et
n'a jamais existé ;
toute politique visant directement à réduire la
fécondité dans les pays pauvres
est illégitime et n'est que l'expression de
l'égoïsme et de la volonté de
domination des pays riches. Qu'il y ait vraiment un problème
pour assurer un
développement, c'est-à-dire une croissance
économique raisonnable, dans un
contexte de croissance très forte de la population, – croissance liée à
la fois à l'amélioration des conditions
sanitaires et donc à la réduction de la
mortalité infantile, et à l'augmentation de
l'espérance de vie adultes, – ce
problème est simplement nié. Au niveau mondial,
il y a assez de ressources pour
nourrir la planète (ce qui n'est pas faux, mais 1°
il ne suffit pas qu'il y ait
en principe assez de ressources disponibles, il faut que localement il
y ait
les conditions pour les valoriser, et 2° se pose aujourd'hui la
question du
rapport entre environnement et agriculture industrielle) : il
suffit de
faire confiance à l'éducation,
l'élévation du niveau d'éducation
conduisant
partout à une réduction de la
fécondité, et il suffit de proposer une
‘bonne'
éducation qui conduise les populations à une
parenté responsable en ne faisant
librement appel qu'aux méthodes naturelles de
contrôle de la fécondité…
Venons-en à l'anthropologie mise en
œuvre
dans Le terrorisme à visage humain :
au cœur de l'argumentation, il y a le caractère
sacré de la vie humaine
« de la conception à la mort
naturelle » pour reprendre l'expression
constante des documents ecclésiaux depuis quelques
années.
La thèse : dès
la fécondation de
l'ovule (zygote), il y a personne humaine, il y a âme
humaine. MS s'appuie sur
Jean-Paul II :
« “Dès
la
fécondation, est commencée l'aventure d'une vie
humaine dont chacune des
grandes capacités demande du temps pour se mettre en place
et se trouver prête
à agir.” Même si la présence
d'une âme spirituelle ne peut être
constatée par
aucun moyen expérimental, les conclusions de la science sur
l'embryon humain
fournissent “une indication précieuse pour
discerner rationnellement une
présence personnelle dès cette
première apparition d'une vie humaine :
comment un individu humain ne serait-il pas une personne
humaine ?” »
(Encyclique Evangelium vitae, 1995,
n. 60 ; la première partie de cet extrait
cite la
Déclaration sur l'avortement provoqué,
1974,
n. 12 ; la seconde cite l'Instruction Donum
vitae, 1987, n. 1).
Du fait qu'il y a un continuum biologique
évident entre la première cellule fruit de la
fécondation et la personne
humaine adulte, MS, tout comme Jean-Paul II, en concluent
qu'il y a un
sujet personnel dès le point de départ du
processus : « Si
l'analyse permet d'isoler logiquement
des unités, notamment pour les étudier, il ne
s'ensuit pas que l'on puisse
affirmer qu'à ces unités
délimitées par l'intelligence correspondent des
réalités distinctes. La distinction entre le
zygote et l'embryon est une
distinction opérée par l'esprit, une distinction
conceptuelle. Le passage de la
distinction logique à la distinction réelle est
un tour de magie qui donne l'illusion
que la réalité de l'être
humain est
saucissonnée ;
autrement dit, on escamote sa continuité
et sa gradualité. Aux
différents
stades du développement de cet être humain, il y
aurait d'abord un zygote, qui
s'effacerait pour faire place à l'embryon ;
celui-ci s'effacerait pour
faire place au fœtus ; celui-ci s'effacerait pour
faire place à
l'enfant ; lequel s'effacerait pour faire place à
l'adulte ; lequel
s'effacerait pour faire place au vieillard. Chaque tranche
présenterait une
utilité variable. Or il ne suffit pas d'employer des termes distincts pour que les réalités
qui y correspondent soient distinctes. C'est toujours, par exemple, le
même
Antoine, qui est fils, père de famille,
grand-père, technicien, touriste,
malade, etc. C'est toujours la même
réalité concrète qui est
désignée de
différents points de vue, le mot personne
désignant cette réalité à
tous les stades de sa réalisation.
C'est toujours le même être vivant qui dure, qui est
évoqué par différents
mots, à différentes étapes de son existence
continue dans ses séquences et graduelle
dans son développement »
(pp. 100-101). À
mon avis on a dans ce texte le nœud du
raisonnement et de la doctrine de l'Église. S'il est
évident qu'il y a un
continuum biologique du zygote à l'enfant, ce continuum
justifie-t-il par
lui-même la qualification de personne attribuée au
zygote ? Le fait qu'il
ne soit pas possible de déterminer un moment où
l'être individuel en devenir
serait personne suffit-il à démonter qu'il est
personne dès le départ ?
Suffit-il donc à justifier l'affirmation que le zygote est
sujet de droit au
même titre que toute personne humaine ? Ou
encore : le critère ou
substrat biologique est-il non seulement condition
nécessaire, mais aussi
condition suffisante de l'apparition de la personne humaine ?
Du fait que
le zygote est reconnu comme
personne, du fait par ailleurs que tant les produits contraceptifs
chimiques
dans l'une de leurs composantes
que les dispositifs contraceptifs mécaniques
(stérilets) sont antinidatoires, il
faut affirmer que la contraception est un avortement
précoce, ou du moins, en
ce qui concerne la contraception chimique qu'elle l'est chaque fois que
son
effet réel est antinidatoire (mais il est impossible de
savoir à quel stade le
produit contraceptif a agi). La contraception signifiant la
possibilité d'un
avortement précoce, et étant conçue en
vue de cet effet, elle s'identifie de
fait à l'avortement, et du point de vue moral, la
distinction entre contraception
et avortement est sans aucun fondement. L'acte contraceptif est donc de
fait ou
potentiellement criminel puisqu'il tue réellement ou
potentiellement une
personne humaine. Dans La dérive
totalitaire, MS écrit que la pilule du lendemain
(qui est antinidatoire) a
pour programme « d'industrialiser
la mort d'innocents » (p. 229). En cachant cette vérité
de l'avortement
précoce criminel, on aliène
complètement la femme à qui on propose la
contraception (p. 50) : on empêche
« la mère de reconnaître dans
l'embryon un être qu'elle ne peut pas rejeter, parce que,
comme elle, il est semblable à Dieu »
(p. 57). C'est pourquoi MS en vient à
déclarer : « Il faut se
souvenir du canon 1398, rappelé par le Saint-Père
dans [...] Evangelium vitae. Le
canon en question porte :
“qui procure un avortement, si l'effet s'en suit, encourt
l'excommunication latae sententiae.”
Les médecins
chrétiens prescripteurs de pilules devraient être
les premiers à se demander si
ce canon ne les concerne pas » (p. 59). MS s'en prend aux manipulations du
langage : comme le mot ‘avortement' fait peur et
inquiète certaines
consciences et institutions religieuses, on donne une nouvelle
définition plus
restrictive de l'avortement : il n'y a pas avortement avant la
nidation. (De
même IVG, interruption volontaire de grossesse est une
manipulation du langage
permettant d'éviter le mot avortement). Mais c'est de part et
d'autre qu'on joue
sur le langage. D'un côté, il s'agit
peut-être de dédramatiser l'acte
contraceptif en évitant totalement le langage de
l'avortement (précoce), mais
de l'autre en insistant sur le fait qu'il y a avortement, il s'agit
précisément
de dramatiser en criminalisant de façon
générale… Il va sans dire que si la contraception est
de l'ordre criminel, l'avortement (au sens où on l'entend
ordinairement,
c'est-à-dire pour l'embryon ou le fœtus) l'est a
fortiori. Dès lors, il faut
dire que les lois légalisant l'avortement, sont une
« décision
préméditée
du législateur qui institutionnalise le crime. [...] Cette
légalisation fait de
la société politique une
société publiquement
criminelle » (p. 129).
« La loi devient un instrument
d'exécution massive et, en la promouvant, les
législateurs deviennent les plus
grands pourvoyeurs de crimes ‘civils' »
(p. 135). Ici encore MS en
appelle à l'excommunication contre ces
législateurs (id.). C'est ainsi que MS parle de terrorisme
à
visage humain, ou de terrorisme doux ou soft, d'un terrorisme qui ne
dit pas
son nom. « Les victimes de cette nouvelle violence
peuvent dès lors être
bien plus nombreuses que celles de la violence qui – littéralement – éclate au
grand jour » (p.188).
Il est vrai qu'on peut s'inquiéter
de
dérives possibles de la société
contemporaine, de menaces par rapport
auxquelles il faut être vigilants. Les risques que
dénonce MS sont sans doute
réels. Mais peut-on
généraliser ? Son alarmisme n'est-il pas
exagéré ? « Avec
l'arrivée de la terreur douce, toute existence humaine est
en sursis, en était
de qui-vive ? La terreur
douce
tétanise la femme enceinte suspectée de porter un
enfant non conforme aux
circulaires ministérielles. Le jeune motard
accidenté ? Un vivier de
greffons qui l'expose à une cannibalisation à la
sauvette. L'enfant à peine
conçu ? Du matériel offert aux
expériences. Le handicapé, le malade en
phase terminale ? Des charges pour les citoyens
producteurs-consommateurs.
Le pauvre, le chômeur ? Des inutiles qui font
baisser les rendements de la
société. Le vieillard ?
Gêneur, onéreux, et de toute façon
irréparable.
Tous sont exposés à la terreur douce, si
pratique, si discrète, si sûre dans
son efficacité, et en plus savamment organisée,
légalisée, prodigieusement
performante. » (p. 188). Quelques remarques finales sur le style. Des raccourcis :
« La santé
reproductive est au service des individus,
considérés comme grands
consommateurs de divertissements sexuels »
(p. 104). Des
parallèles choquants : la
référence aux procès de Nuremberg, qui
évoque, sans le dire explicitement un
parallèle entre la Shoah
et l'avortement. Dans Mémoire et
identité,
Jean-Paul II suggère aussi une analogie entre les
lois criminelles du
régime nazi conduisant à la solution finale de la
question juive et les
législations actuelles sur l'avortement
(pp. 162-163). Ce parallèle a
été
explicitement fait par une exposition organisée au Parlement
européen par le
parti politique La Ligue
des familles polonaises, avec le soutien de l'épiscopat
polonais en 2005 (après
de multiples protestations l'exposition a été
retirée). Des
diatribes. Ainsi à propos du
sida : « L'Église n'a pas
à prêcher une ‘morale' du partenariat
sexuel. Elle doit enseigner
et enseigne une morale conjugale et familiale. Elle s'adresse aux époux, aux couples unis
sacramentellement dans le mariage, qui est monogamique et
hétérosexuel. Les
propos divulgués à propos du
préservatif par les dignitaires concernent des partenaires, que ceux-ci entretiennent
des relations pré- ou extra-matrimoniales,
épisodiques ou suivies,
hétérosexuelles, homosexuelles, lesbiennes,
sodomiques, etc. On ne voit pas
pourquoi l'Église, et moins que quiconque des dignitaires
investis d'autorité
magistérielle, devraient, au risque de scandaliser, venir
à la rescousse du
vagabondage sexuel et gérer les péchés
de ceux qui, dans la plupart des cas, se
moquent complètement et souvent théoriquement, de
la morale chrétienne.
“Péchez, mes frères, mais en
sécurité !” Après
le “Save Sex”,
voici le “Save
Sin” ! »
(p. 177). Ignace
BERTEN, op
Présentation
par l'éditeurUn
terrorisme nouveau s'est installé dans le monde : le
terrorisme
en col blanc et en blouse blanche. Il s'est imposé dans les
plus
grandes organisations internationales, ONU, FMI, Banque mondiale, OMS,
où il règne quasiment sans partage. Bien que
discret, il
multiplie l'efficacité du terrorisme classique.
Contrairement
à ce dernier, il recourt, lui, à une panoplie
toute
différente où se côtoient les sciences
biomédicales, la démographie, la linguistique et
la
communication. Le terrorisme nouveau s'en prend d'abord à
l'intégrité intellectuelle et morale des
personnes qu'il
veut, au moins, gouverner, sinon détruire. Ce terrorisme a
un
visage humain parce qu'il semble honorer la
vérité, alors
qu'il ne s'impose que par le mensonge accouplé à
la
violence, ou encore, parce qu'il semble flatter la liberté,
alors qu'il ne peut s'imposer qu'au prix du consentement à
la
servitude. Ces pages démontent quelques-uns des
mécanismes essentiels de ce terrorisme qui
procède par
étapes. Discrètement, inexorablement, les
personnes sont
captivées par les mots qui les leurrent :
aide-protection-droit-santé-vie-consensus : autant
d'expressions
symboles dont le sens naturel est détourné ",
retourné, habillé pour habiller des entreprises
homicides. Nous sommes en présence d'une nouvelle
révolution culturelle, de portée mondiale,
totalement
fermée à la transcendance et dominée
par l'utopie
d'une société interdite d'espérance.
Ce livre
vigoureux invite à reprendre à la racine la
question de
l'humanité de l'homme. Il est urgent que soient
réaffirmés sa sociabilité, son
ouverture à
la transcendance, le respect que lui doivent les pouvoirs publics. Pour
que cette reprise puisse se faire, il faut sortir de Babel,
dénoncer les confusions du langage, démasquer
l'impasse
d'une reconstruction idéologique du monde. Il faut sauver le
droit de l'indignité où il est tombé
lorsqu'il est
instrumentalisé pour légitimer n'importe quelle
pratique.
Biographie de l'auteur
Michel
Schooyans est professeur émérite à
l'Université de Louvain, où il a
enseigné la
philosophie politique et l'éthique des questions
démographiques. Il a également
enseigné pendant
plus de dix ans dans une université de Sao Paulo. Il est
philosophe et théologien. Anne-Marie Libert est
également
informaticienne. Spécialiste du malthusianisme, elle est
professeur dans l'Enseignement Communal Liégeois. maj
16.05.2007 |