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Document 4. Lettre du P. Boulanger à Mère Henri-Dominique, du 12 mars 1869. (Orig. A. B.).
Dans ce message de condoléances, le P. Boulanger exprime la profondeur de l'amitié et de la solidarité qui l'unissait au P. Lataste et à Béthanie, tout en manifestant combien cette amitié ne pouvait s'exprimer que dans les limites de l'obéissance, y compris après la mort du serviteur de Dieu.
Rennes, 12 mars 1869.
Ma très Révérende Mère,
Moi aussi je veux m'agenouiller en esprit au pied de cet ami avec lequel j'ai eu des rapports si intimes. Je n'ai personne dans l'autre monde à qui j'ai été plus attaché sur la terre, selon l'esprit de Dieu, et dont l'affection m'ait coûté autant de sacrifices. Ce n'était pas une sympathie naturelle qui me portait vers le père, non, nos natures ne se ressemblaient pas ; je me suis dévoué à lui, d'abord par dévouement pour son uvre, et plus tard par amour de son âme dont il m'avait confié la direction. Je regrette de n'avoir pu l'assister à son dernier passage : mais la volonté de Dieu ne l'a point permis.
J'ai tout lieu de croire que le père général n'abandonnera pas Béthanie. Il me sait trop jeune, trop peu expérimenté, trop peu courageux, pour me confier le soin de continuer le père ; il vous donnera sans doute un religieux qui pourra abriter votre uvre de l'autorité de son âge et de ses vertus et la seconder par ses talents. Mes sympathies m'appartiennent et je vous les conserve ; mon travail est à mon Ordre et je ne puis vous le donner ; mais encore une fois si mon Ordre par l'organe de son général voulait disposer de mes travaux en m'appliquant à l'uvre, je tâcherais de persévérer dans mon dévouement, comme j'ai persévéré jusqu'ici dans ma sympathie.
Adieu, ma Très Révérende Mère. Je vous offre mon religieux respect et vous donne l'assurance de mes persévérantes sympathies.
Fr. M. R. Boulanger
des Fr. Prêcheurs
   
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